À la une Portrait

François Roger
/ Du bois dans les veines

Artisan. Son grand-père a fondé une fabrique de maisons à ossature bois, rue Bonnevide. Lui, son entreprise de menuiserie en bâtiment. Aujourd'hui, le tournage sur bois occupe sa retraite.

Son parcours professionnel est consigné sur six pages manuscrites. François Roger l'a rédigé à la fraîche. « Je dors très peu. Environ cinq heures par nuit. Ce matin, je m'y suis mis à 6h, explique cet ancien artisan menuisier en bâtiment. Quand je travaillais, je faisais mes devis entre 4h et 7h. Tranquille. » « Et il finissait tous les jours à 20h », ajoute son épouse Monique. Une vie de labeur. En 2009, à 60 ans, il prend sa retraite. Mais ses journées sont toujours chargées : le quotidien, l'entretien de son pavillon rue Bonnevide... Et le tournage sur bois, qu'il découvre dans les années 80-90 : « Ma sœur jumelle m'avait payé un bloc moteur Peugeot », se souvient le professionnel. Cette activité lui permet de « se vider la tête » après une journée de boulot.

Aujourd'hui, il tourne encore plusieurs heures par semaine dans l'ancien atelier familial, derrière la maison. Vase, stylo, porte-clés, objets décoratifs... Il les exposera à la Foire des savoir-faire solidaires. En février 2009, il monte l'association « Le Geste retrouvé » pour transmettre cet art. Comme il l'a fait l'année dernière à la Foire. « J'ai été agréablement surpris. Beaucoup de gens s'intéressent, posent des questions. » La transmission et l'admiration pour ses pairs ont guidé sa vie : les compagnons Piero et Antoine, qui lui ont « beaucoup appris » ; Alain, ancien compagnon qu'il a salarié, « un gars super » ; Roman et Michel, des formateurs au tournage.

 

Les Maisonnettes Roger

En premier figure son grand-père Marcel, qui lui a « donné le goût. C'était un bosseur. Un homme de génie, précurseur, qui a inventé un procédé de fabrication de maisons à ossature bois ». Quinze jours de façonnage en atelier, trois jours de montage. En 1922, Marcel fonde Les Maisonnettes Roger. Le début d'une entreprise familiale, sise rue Bonnevide, qu'il a l'intelligence de faire prospérer. À sa mort, en 1970, son fils Henry, le père de François, prend sa succession. François, lui, fait son service militaire « chez les paras. 13e Régiment des Dragons en Moselle. J'étais sportif », dit ce judoka ceinture noire formé à l'école des frères, rue des Ursulines. En 1971, il intègre l'entreprise, fort d'un bac de technicien en bâtiment, premier du genre, obtenu en 1968. « On a vécu sur notre notoriété. Mais mon père n'avait pas les capacités intellectuelles pour faire progresser l'affaire. » Le constat est rude, dénué de l'affection qu'il porte à son grand-père.

En juillet 1983, la boîte ferme. François reste au chômage pendant quatre mois. Habitué à travailler, « ça cogitait dans [sa] tête ». Alors il saute le pas. En janvier 1984, il monte son entreprise individuelle de menuiserie spécialisée en rénovation. Il connaît « l'euphorie » des carnets de commandes remplis, de gros clients comme le BHV, et « des doutes », aussi. Trop de boulot, jusqu'à six compagnons sous ses ordres. « Je ne touchais plus la caisse à outils et ça me manquait terriblement. » Retour à la case départ, avec Alain pour seul employé. Jusqu'à la retraite. Pour l'heure, François est impatient que sa belle-fille Salima – il a deux fils, Laurent et Guillaume, et trois petits-fils – lui rapporte des objets tournés au Maroc. « Là-bas, ils travaillent avec rien. Leurs pieds, leurs mains, une ficelle. Je leur tire mon chapeau. » Encore une histoire d'admiration. Et de transmission.

 

François Roger fera une démonstration de tournage sur bois ouverte au public dimanche 11 décembre, de 14 h à 16 h sous la tente de la Foire des savoir-faire solidaires, plus une séance auprès des enfants des centres de loisirs. 


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