Sports

Boxe anglaise
/ Deux poings pour elles

Depuis plus de cinquante ans, la section du Sdus fait vivre le noble art dans la ville des rois tout en révélant quelques champions. D’abord exclusivement masculine, la pratique a su récemment conquérir un public féminin.
De plus en plus de femmes viennent à la section boxe du Sdus
De plus en plus de femmes viennent à la section boxe du Sdus

Perdue au fond d’un couloir, au premier sous-sol du palais des sports Auguste-Delaune, elle semble restée dans son jus depuis les années 60. De cette époque, des légendes du noble art, Sonny Liston ou Mohamed Ali, côtoient affiches de films, flyers de combats mythiques et gloires locales, sur les murs défraîchis de la salle de boxe du Sdus. Un charme désuet émerge de la vétusté des lieux. Bruits de pas saccadés et respirations fortes dictent l’ambiance de ce chaud mercredi de juin. Si la décoration et la rangée de sacs de frappe attirent en premier le regard, un deuxième constat s’impose : l’imaginaire pugiliste ne laisse que peu de place aux femmes, mais celles-ci représentent une petite moitié du groupe de boxers du jour.

Dans un coin du ring, Sana débute sa séance par un soulevé de poids. Efforts et concentration se lisent dans son regard. À côté, deux femmes se renvoient un medecine ball, travaillant ainsi les mouvements de base du crochet avant droit. « J’ai fait une séance avec un garçon de 16 ans qui boxe depuis plus longtemps que moi et il a pris le temps de me donner des conseils, de m’expliquer certains aspects, c’est ce qui m’a plu ici. C’est dur et intense, mais l’ambiance est très conviviale et les combats ne sont jamais violents », confie Ebru, la trentaine et inscrite au club depuis un an. Pour cette séance, la Spinassienne a même initié sa belle-mère Dragana, visiblement conquise aussi.

Un « droit de boxe » récent 

La séance se poursuit par des exercices sur les sacs : une fois les gants enfilés, les adhérents, encadrés par les coachs Idas et Hamid, alternent sessions de « shadow-boxing » (mouvements face à un adversaire imaginaire) et séries de gauches-droites en puissance. « Aux entraînements, on privilégie un travail spécifique à la boxe, développe Philippe Sturm, président de la section boxe du Sdus. Il y a ensuite la partie combat avec un travail par thèmes et des assauts, puis on termine la séance par un peu de renforcement musculaire. » Le programme s’applique à tous, sans distinction d’âge ou de sexe. « La boxe, c’est avant tout une question de motivation à l’entraînement et cela que l’on soit un homme ou une femme ! » C’est d’ailleurs à l’initiative du président que la section boxe du Sdus a ouvert ses portes aux adhérentes, il y a seulement sept ans. Depuis, les femmes représentent environ un tiers des effectifs chaque année, motivées par l’aspect complet de la discipline et l’ambiance familiale du club vantée par le bouche à oreille. « On travaille aussi bien les muscles que le cardio, avec une concentration sur la partie supérieure du corps, c’est ce que je cherchais à la base », confie Ebru. Pour Philippe Sturm, un seul aspect du noble art pourrait en rebuter certain(e)s : « Même à l’entraînement, il y a un risque de prendre quelques coups, donc il ne faut pas craindre d’avoir quelques séquelles ! »

Corentin Rocher

Historique mais concurrencée

Philippe Sturm est formel, la pratique de la boxe qui a connu un essor de popularité dans les années 80 et 90, a tendance à stagner depuis quelques temps. Malgré un regain d’intérêt, notamment chez les plus jeunes, au lendemain d’événements ponctuels comme le sacre commun des Français Tony Yoka et Estelle Mossely l’été dernier aux Jeux Olympiques de Rio, l’antique boxe anglaise souffre de la concurrence de sports de combats comme la boxe thaï ou plus récemment le MMA : « La boxe c’est un sport aussi beau qu’ingrat… car on souffre ! Et la progression peut être lente. Il faut souvent s’accrocher au début ! » À Delaune, la section boxe du Sdus propose trois créneaux hebdomadaires pour ado-adultes et trois cours dits « éducatifs » pour les enfants de 9 à 13 ans. Infos sur www.sdus.asso.fr

CR 

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