En ville

Violences dans les quartiers
/ Des Dionysiens ne baissent pas les bras

Le ministre de l’Intérieur n’a pas voulu tester la Police de sécurité du quotidien à Saint-Denis ? Le maire va rencontrer Gérard Collomb pour en connaître les raisons. Des habitants, lors d’une réunion le 27 février en mairie, ont réfléchi à des actions contre les violences dues au trafic de drogue et aux rivalités entre groupes de jeunes.
Samedi 4 novembre 2017 déjà, une marche contre les violences avait été organisée entre SFC et Allende. (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis
Samedi 4 novembre 2017 déjà, une marche contre les violences avait été organisée entre SFC et Allende. (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis

Le 8 février, quand Gérard Collomb a dévoilé à l’École militaire de Paris la liste des quartiers sélectionnés pour cette nouvelle version de la police de proximité, synonyme de moyens humains supplémentaires, Stéphane Peu était au côté de Laurent Russier et du commissaire divisionnaire Laurent Mercier. Ce jour-là, des élus au préfet de Seine-Saint-Denis, « on était tous persuadé que Saint-Denis serait choisi, non pas parce qu’on s’était auto-persuadé, mais parce qu’on nous avait donné des signes », raconte le député dionysien. Stéphane Peu voit dans les villes retenues, comme Pau, Lyon ou Nice, des choix partisans. « On ne joue pas les pleureuses, on demande juste l’égalité », défend-il. 

« Pourquoi notre ville n’a pas été retenue ? Et pourquoi sur les soixante quartiers choisis en France, il y en a seulement deux en Seine-Saint-Denis ? » Le maire Laurent Russier veut des réponses du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, suite à la non retenue de Saint-Denis pour expérimenter la Police de sécurité du quotidien (PSQ). Pour ce faire, mardi 6 mars, l’élu dionysien a rencontré le premier flic de France avec une délégation comprenant l’édile de Stains Azzedine Taïbi ainsi que les députés Stéphane Peu et Marie-George Buffet. Lors d’une réunion à l’hôtel de ville, le 27 février, avec une soixantaine de Dionysiens, il est revenu sur cet arbitrage ministériel qu’il décrit comme « un manque de respect pour notre territoire ».

« Demander les moyens et l'égalité »

L’égalité, c’est aussi ce que demandent les habitants présents lors de la réunion du mardi 27 février. Issus de différents quartiers de la ville, ils se mobilisent contre les violences engendrées par le trafic de stupéfiants ou les rivalités entre groupes de jeunes. Pour se faire entendre, ils sont prêts à organiser une manifestation devant le ministère de l’Intérieur, place Beauvau à Paris. Évoquée une première fois en décembre 2017 lors d’une réunion organisée avec le soutien de la municipalité pour « une ville sans violences », cette idée fait consensus parmi les habitants. Nina Boumellah, l’une des organisatrices de la marche contre les violences interquartiers de novembre dernier, évoque la marche des femmes en octobre 1789 contre la Royauté. « Elles ont marché jusqu’à Versailles pour demander du pain. Nous, on ira marcher jusqu’à l’Élysée ou la place Beauvau pour demander les moyens, l’égalité, la richesse. Nos enfants souffrent, tout le monde souffre ! », exprime-t-elle.Son collectif d’habitants à Saussaie-Floréal-Courtille a pris le nom de Nos enfants d’abord. « Il faut tout essayer », est-elle convaincue. Même si elle loue la mise en place de la Brigade de soutien de quartier (BSQ), constituée de dix policiers et dédiée aux quartiers nord depuis octobre, elle rappelle que la seule réponse policière ne peut suffire pour « faire face à l’échec scolaire ».

« Les jeunes, ceux qui sont expulsés des collèges, des lycées, que deviennent-ils ? Que fait l’Éducation nationale ? Que fait la Ville ? Quel est le rôle des antennes jeunesses ? », demande une habitante. Membre du collectif Citoyens debout contre les trafics, qui est à l’origine de deux rassemblements à Bobigny en 2017, Gisèle imagine une manifestation des habitants de Saint-Denis, et peut-être du département, « sous les fenêtres du ministre de l’Intérieur ». Les habitants devront encore déterminer une date pour cette action. Mais la volonté est en tout cas bien présente. « Nous avons tous pris conscience de la réalité, explique Christine Parra, professeur à la retraite. J’en ai assez des constats ! Maintenant, ce qui nous intéresse, c’est d’agir ! »

Aziz Oguz

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Cette question nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.