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L’Écran
/ De chaque instant : un film poignant

Admiratif, bouleversé, remué… Difficile de ressortir entièrement indemne de la séance tant les émotions se confondent. Pour la première rencontre de la saison, l’Écran a choisi d’inviter mercredi 5 septembre Nicolas Philibert, auteur du très poignant De chaque instant, documentaire qui suit de jeunes étudiants au sein d’un Institut de formation en soins infirmiers (IFSI).

Cinq mois de tournage ont été nécessaires pour capturer des séquences parfois cocasses, parfois graves, bien souvent émouvantes.
En France, on compte près de 330 IFSI et c’est à Montreuil que Philibert a choisi de poser sa caméra, précisément à la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon, centre de formation privé et laïc. « J’ai eu une embolie pulmonaire qui m’a conduit aux urgences et dans un service de soins intensifs, révèle le réalisateur à l’assistance encore secouée par les presque deux heures de film. Ça a été l’élément déclencheur. Quand j’ai commencé à aller mieux, j’ai eu à cœur de rendre hommage aux infirmiers et aux infirmières. J’ai très vite imaginé un film sur les futurs professionnels. Je voulais filmer la relation entre ces infirmiers en devenir et leurs patients. »


Du coeur à l'ouvrage

On ne peut qu’éprouver de l’empathie pour ces filles (et ces quelques hommes) en pleine construction qui se retrouvent sur le terrain lors de leur stage, seules face à leur patient, seules avec leur savoir. La première pose d’un cathéter veineux – provoquant quelques rires bienveillants dans le public – le nettoyage des plaies, le lavage méthodique des mains, la prise de tension… Toute une maîtrise technique est honorée. Mais pas seulement. Ces futures infirmières, qui affrontent très jeunes la souffrance, la douleur, la misère humaine, sont des modèles de courage. À l’humour potache des travaux dirigés à l’IFSI succède la dure réalité du terrain, l’austérité d’une paillasse stérilisée se substitue aux simulations d’accouchement, et les pleurs s’ajoutent aux rires. Sans tricher, le réalisateur parvient à nous plonger dans l’intimité d’une chambre d’hôpital. « Mon travail n’est pas de me faire oublier, mais de me faire accepter. Je dis souvent aux gens faites comme si j’étais là », affirme à ce propos Nicolas Philibert.

Certains regards caméra ont été laissés au montage, des paroles spontanées et des maladresses aussi, comme lorsqu’une étudiante rate son intraveineuse face à une patiente mal à l’aise à la vue de l’aiguille.
Dans cette séquence, l’infirmière fait preuve de ténacité et recommence son geste jusqu’à le réaliser parfaitement sans se soustraire à son devoir d’accompagnement du malade. Pour De chaque instant, la caméra de Nicolas Philibert s’est focalisé uniquement sur les infirmiers, ce parti pris permet de se concentrer sur l’essence du film, soit la question du lien et du rapport à l’autre.
Il nous enseigne aussi la nécessité de s’appuyer sur le collectif, la nécessité d’apprendre de ses erreurs, toujours le cœur à l’ouvrage. Et qui de mieux pour juger le film sinon les principales intéressées ?

Deux infirmières dans la salle s’adressent au réalisateur : « On se reconnaît dans votre film. De l’apprentissage des premiers gestes à la juste distance que l’on doit installer avec chaque patient, bravo ! » 
 

Lire aussi : A l'Ecran, journée de présensation de la saison 2017-2018

Maxime Longuet

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