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/ De battre leur cœur s’est accordé

Le spectacle "Les Batteurs", de la compagnie du Théâtre Déplié
Le spectacle "Les Batteurs", de la compagnie du Théâtre Déplié

Un spectacle avec six batteurs. Si l'on s'arrête à cette seule indication, ce doit être un concert. Eh bien pas du tout : il s'agit bien de théâtre. Les Batteurs, présenté par la compagnie du Théâtre Déplié et mis en scène par Adrien Béal avec Fanny Descazeaux, sera à l'affiche du TGP du 18 au 22 octobre. Sur scène, six batteurs, avec chacun leur batterie, leur histoire, leur perception de leur art et du monde. « Nous avons voulu créer une communauté fictive, celle de ces six batteurs, et regarder les rapports qui s'établissent entre eux d'une part, mais aussi avec l'extérieur », annonce Adrien Béal. C'est en regardant jouer et s'entraîner un batteur, il y a quelques années, que celui-ci a voulu d'abord travailler sur un projet avec des musiciens, puis plus précisément avec ceux qui jouent de ce drôle d'instrument. « Dans une formation, la plupart du temps, le batteur est à l'arrière de la scène, il ne chante pas, son instrument n'est pas mélodique, mais il a un son au volume élevé et il est un élément structurant d'un morceau. J'ai aussi remarqué que les batteurs ont un langage commun mais qu'ils jouent souvent seuls… »

À partir de ces caractéristiques, Adrien Béal interroge les notions d'individu et de groupe, ainsi que les rapports entre eux. Des questions qui étaient déjà au cœur de son précédent spectacle, Le Pas de Bème, que l'on avait vu avec plaisir et intérêt à la Belle Scène Saint-Denis lors du Festival d'Avignon 2016. « Pour moi, la question essentielle est celle de l'altérité. Comment on se choisit les uns les autres. C'est comme ça que débute le spectacle. » Quels sont les rapports qui se créent entre ces six individus pour faire un groupe ? Comment ce groupe essaie de se construire une histoire commune ? Et à partir de là, comment ce groupe qui s'est constitué affronte l'extérieur ? Et ici, l'extérieur, c'est le public. « Il ne s'agit ni de séduction ni d'opposition mais de différence », précise-t-il.

Né d'improvisations et donc d'une écriture de plateau, le spectacle, à travers les histoires de chacun et de l'ensemble, retrace aussi celle de la batterie, cet instrument relativement récent dans l'histoire de la musique. « Il est né à la fin du XIXe siècle aux États-Unis, rappelle Adrien Béal, et à ce titre, il révèle un monde et un temps, une société et son fonctionnement. » Les Batteurs s'annonce comme un spectacle choral et hybride, mêlant texte et musique, silences et rythmes, pour poser une question fondamentale : « Dans un monde où on a l'impression de pouvoir tout toucher, tout en étant éloignés de tout, comment nous situons-nous ? Et comment le groupe peut exister ? Avec ou sans chef ? » Les interrogations d'Adrien Béal et de ses batteurs font évidemment écho à ce qui traverse notre époque. Interroger le monde, n'est-ce pas le rôle du théâtre ? Et lorsqu'en plus c'est en musique…

Benoit Lagarrigue


Les Batteurs, du 18 au 22 octobre au TGP (59, boulevard Jules-Guesde, salle Mehmet-Ulusoy), du mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h 30.

Durée : 1 h 35. Tarifs : 6 € à 23 €. Réservations : 01 48 13 70 00 ; www.theatregerardphilipe.com

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