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Attentats
/ Dans toutes les mémoires

Le président de la République s’est rendu lundi au Stade de France, deux ans après les attentats du 13 novembre. Des événements sanglants qui ont marqué de nombreuses personnes dans leur chair et sont encore dans toutes les mémoires.
Le 13 novembre 2017, lors de la commémoration du deuxième anniversaire des attentats, devant la Porte D du Stade de France.
Le 13 novembre 2017, lors de la commémoration du deuxième anniversaire des attentats, devant la Porte D du Stade de France.

 


Il est tout juste 9 h, ce lundi 13 novembre, quand Emmanuel Macron s’avance en compagnie de Laurent Russier pour déposer une gerbe de fleurs devant la plaque érigée en mémoire de Manuel Dias, tué deux ans auparavant près de la Porte D du Stade de France lors des attentats survenus à Saint-Denis et Paris.

Ni discours, ni prises de parole, mais un court recueillement organisé dans la plus grande sobriété, comme l’ont souhaité les victimes et leurs familles. Étaient présents à leurs côtés pour observer une minute de silence nombre de personnalités politiques (1) et d’élus locaux. Dans les rangs également, des représentants des services de police, du Samu et de la Croix-Rouge, intervenus ce soir-là pour secourir les cinquante-six personnes blessées aux abords du Stade.

Bilal Bley Mokono, qui se déplace aujourd’hui en fauteuil roulant, fait partie de ceux-là. Ce 13 novembre 2015, il a fini son travail de garde du corps et s’apprête à assister au match de football France-Allemagne avec son fils de 13 ans. Il est 21 h 20 lorsque le premier des trois kamikazes du commando de Saint-Denis, qui se trouve à cinq mètres d’eux, actionne sa ceinture explosive devant la brasserie Events, opérant la première des attaques terroristes qui ont occasionné la mort de 130 personnes et en ont blessé plus de 350.

« J’ai reçu des boulons dans le bassin et à l'épaule. Mon fils aussi a été touché. Pour moi, c’est très important d’être présent aujourd’hui. Les morts sont partis mais nous qui avons survécu, portons la responsabilité du devoir de mémoire. Pour que les enfants qui nous regardent, y compris mon fils, puissent retrouver la sérénité et se dire que l’on ne nous a pas oubliés. Les gens pensent qu’il y a une date anniversaire, mais pour nous, le 13 novembre, c’est tous les jours. Psychologiquement c’est très dur. »

Deux ans après les faits, « le traumatisme est encore présent et l’émotion est encore immense », confie Laurent Russier, qui insiste sur le besoin d’accompagnement des victimes, qui attendent toujours réparation et s’inquiètent d’une absence de suivi, notamment sur le plan psychologique. Ces difficultés, « lenteurs administratives, atermoiements sur le montant des indemnisations, refus ou arrêt de certaines prises en charge » sont « autant d’obstacles au travail de deuil et/ou de reconstruction », estime le député Stéphane Peu qui a demandé à être reçu par la garde des Sceaux.

Rien n’est réglé pour les victimes collatérales de l’assaut

S’estimant eux aussi « oubliés par l’État », des sinistrés du 48, rue de la République, sont également venus rendre hommage aux victimes du Stade de France. « Forcément nos destins sont liés à ces événements », explique l’un d’eux. Avec ses anciens voisins, il sera le 18 novembre devant l’immeuble où s’étaient retranchés deux ans auparavant les terroristes responsables des attentats du 13 novembre et contre lesquels une opération de police de grande envergure avait été donnée, occasionnant la mise à la rue de tous ses résidents. « Deux ans après l’assaut, pour nous rien n’est réglé », dénonce le collectif d’habitants, en rappelant que la moitié des 45 ménages n’a à ce jour toujours pas été relogée. Avec le soutien du DAL, ils appellent à rejoindre le rassemblement qu’ils organisent devant l’immeuble samedi 18 novembre de 11 h à 15 h, « pour exiger que l’ensemble des anciens habitants du 48 soit relogé, régularisé et reconnu victimes du terrorisme ».


(1) Étaient notamment présents la maire de Paris Anne Hidalgo, l’ancien président François Hollande, les ministres de l’Intérieur Gérard Collomb, de la Justice Nicole Belloubet, les présidents du Sénat Gérard Larcher, et de l’Assemblée nationale François de Rugy, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, les députés de Saint-Denis Éric Coquerel et Stéphane Peu, le président du Conseil départemental Stéphane Troussel. 

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