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Courrier des lecteurs

Réponse de M.Ribay à un habitant désabusé

Dans le JSD n°1063 du 2 décembre, un néo Dionysien se plaignait du cadre de vie dans son quartier des bords de Seine. L’élu en charge de Pleyel-Confluence lui répond.


Le

4 janvier 2016


Monsieur,

Vous avez récemment manifesté votre mécontentement dans le Journal de Saint-Denis quant à l’environnement et au cadre de vie de votre quartier.

Face aux difficultés multiples que vous évoquez dans cet article, la Ville réagit et se mobilise.

Je partage tout comme vous l’exigence d’un service public de sécurité renforcée sur Saint-Denis. Cette exigence a conduit la Municipalité à mener avec les Dionysiens, une mobilisation pour exiger des effectifs supplémentaires d’agents de la police nationale. Eut égard au nombre d’habitants, il manque aujourd’hui 200 policiers à Saint-Denis. Les engagements pris autour de la zone de sécurité prioritaire ne sont pas à la hauteur l’Etat n’assumant pas son rôle de garant de l’égalité républicaine.

Les effectifs étant insuffisants pour remplir toutes ses missions, les forces de la police nationale disponibles sont concentrées sur les problèmes de délinquance, de trafics de stupéfiants, de vols, de recels, dans les rues Riant, Auguste Delaune, Viollet-le-Duc. Ce travail de fond a permis environ 5 interpellations par jour en moyenne pour vols avec violence ou participation à des trafics dans le quartier de la gare.

L’extension de la Brigade de Soutien de Quartier de L’Île-Saint-Denis à la Gare a permis un renfort d’effectifs dédiés, qui connaissent réellement le secteur. A ce jour cette brigade a effectué plus d’une trentaine d’interpellations.

Au vu des résultats obtenus dans ce secteur on imagine bien l’évolution positive que connaitrait la ville si les effectifs policiers étaient significativement renforcés.

Pour sa part, la Ville assume ses responsabilités avec le recrutement de 9 agents de police municipale en 2015 et 9 autres d’ici à février 2016, portant à 53 le nombre total de policiers municipaux.

Au-delà de cet accroissement significatif des effectifs d’agents municipaux chargés de la tranquillité publique, la Ville de Saint-Denis s’engage dans un dispositif de vidéosurveillance. En plus de la quarantaine de caméras déjà implantées sur le territoire communal, 41 caméras supplémentaires seront déployées d’ici mi-2016, dont deux dans le quartier de la gare (rue du Port et angle rues Delaune/Viollet le Duc). Cet outil d’aide à l’enquête pour la police nationale ne peut se substituer à la présence de femmes et d’hommes formés et compétents pour la surveillance de l’espace public, pour le recueil et le suivi de plaintes, pour le travail d’enquête.

Concernant les infractions aux règles de stationnement, la police municipale passe régulièrement dans le quartier Confluence, avec la présence régulière d’un agent « fourrière » pour le stationnement anarchique. Les passages y seront renforcés.

Un bidonville s’est installé en juin 2014 sur un terrain situé rue Coignet, propriété de la SEM Plaine Commune Développement. La SEM Plaine Commune Développement a, en tant que propriétaire de la parcelle, saisi le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Bobigny afin d’obtenir l’évacuation de son terrain occupé de manière illicite.

Du fait de la dangerosité que son occupation présente, tant pour les personnes qui y vivent que pour son environnement direct, la Municipalité a toujours appuyé l’action mise en œuvre par le propriétaire pour son évacuation.

Bien qu’accordant un délai de 8 mois aux familles jusqu’en septembre 2015 une ordonnance d’évacuation du terrain a été rendue en décembre 2014 par le Tribunal de grande instance de Bobigny. Cette évacuation pouvait avoir lieu à l’expiration du délai accordé soit le 9 septembre 2015.

Les familles tout comme les membres du collectif de soutien en avaient été informés et cela avait entrainé un certain nombre de départs du bidonville dès l’été.

En septembre, la Préfecture n’a cependant pas sollicité le concours de la force publique pour exécuter la décision de justice malgré les demandes réitérées de la part du propriétaire du terrain, de la municipalité, les soutiens ne s’opposant pas à cette demande mais la conditionnant comme la municipalité à la réalisation d’un diagnostic social qui a été réalisé.

Certaines familles ont déposé une demande de sursis à l’expulsion, qui leur a été accordé par le Tribunal de Grande Instance de Bobigny jusqu’en juin 2016. Le propriétaire a fait appel de cette décision.

Je déplore vivement cette situation car les risques sanitaires encourus pour les occupants sont de plus en plus prégnants. Le maintien du bidonville entraîne de lourdes nuisances pour les élèves et les enseignants du groupe scolaire Pina Bausch. L’exaspération de nombreux riverains est légitime, d’autant plus que leur quartier a déjà connu d’importantes difficultés.

S’agissant des fumées de chauffage, la Ville a fait appel à un laboratoire pour analyser les fumées (carbone élémentaire, particules, composants organiques volatiles, ….). Un repérage avec le laboratoire de LCCP (Préfecture de Paris) a été fait le 11 décembre, pour préparer la pose de capteurs dans l’école et dans le logement d’un riverain. Leur pose est prévue début janvier pour deux semaines.

Parallèlement, un travail est mené pour réduire l’insalubrité du camp. Une opération de retrait des déchets s’est déroulée dimanche 20 décembre avec les familles, les associations de soutien, l’association OSE. Des bennes ont été posées pour retirer les déchets. Le périmètre du bidonville doit être réduit. Dans la foulée une opération de dératisation sera menée par collectivité en coordination avec les bailleurs pour des interventions simultanées.

S’agissant des ventes à la sauvette, il est urgent de mettre un terme à leur développement, qui porte atteinte au cadre de vie et à la tranquillité des Dionysiens et des usagers de l’espace public.

La Ville de Saint-Denis est entièrement mobilisée, dans la mesure de ses compétences et de ses moyens. Par une présence active sur les espaces publics concernés, les agents de la police municipale dissuadent les ventes à la sauvette. Ils mènent régulièrement, avec les agents de la police nationale, des actions conjointes. Ainsi, de janvier à fin novembre 2015, la police municipale a engagé 342 procédures pour vente à la sauvette. 36 actions conjointes ont été menées et plus de 700 caddies ont été saisis sur le quartier Gare.

Néanmoins, la Ville seule ne pourra pas résoudre l’ensemble de ces problèmes. Faute d’une présence régulière de la Police Nationale sur le terrain, l’activité illicite reprend aussitôt les opérations « coup de poing » terminées.

S’agissant de l’analyse des marchandises, les prélèvements se sont avérés conformes aux règlements d’hygiène, sur l’ensemble des prélèvements, seuls deux n’étaient pas conformes mais la cuisson aurait fait disparaître tout problème. Cela ne change en rien les orientations de la Municipalité à l’égard de ces activités illégales, délictueuses, insécures et qui portent atteinte au cadre de vie.

Au-delà des aliments traités avec des modes de conservation et de cuisson en dehors de toute règle sanitaire, ce sont également des cigarettes, des jouets, parfums, contrefaçons et autres objets non conformes à la réglementation qui peuvent se révéler dangereux pour les consommateurs sans oublier la présence de réseaux mafieux.

Enfin, sur le plan des commerces, la Ville entend créer une Société Publique Locale courant 2016 en vue d’une maîtrise publique d’une centaine de cellules commerciales, condition indispensable pour échapper à de strictes logiques privées et diversifier l’offre commerciale.

Par ailleurs, Monsieur le Maire a pris depuis l’été 2013 un arrêté de fermeture des commerces sur le secteur Gare à partir de 20h, dont certains sont particulièrement générateurs de nuisances.

Espérant avoir répondu à un certains nombre des problématiques soulevées dans votre courrier au JSD, celles-ci ont été largement évoquées en réunion publique sur le quartier le 16 décembre dernier, je vous remercie, Monsieur, pour votre interpellation qui nous conforte dans notre mobilisation pour un espace public partagé et respecté par tous.


Michel Ribay


Maire-adjoint en charge du quartier Pleyel-Confluence

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