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/ Classes sans AVS : quel est l’état des lieux ?

À Saint-Denis, le manque d’auxiliaires de vie scolaire met à mal l’inclusion en milieu ordinaire des enfants en situation de handicap.
Angélique et Julie sont AESH au collège Jean-Lurçat et regrettent que leur action auprès des jeunes handicapés ne soit pas reconnue comme un "vrai travail"
Angélique et Julie sont AESH au collège Jean-Lurçat et regrettent que leur action auprès des jeunes handicapés ne soit pas reconnue comme un "vrai travail"

École inclusive. Lundi 11 juin, à l’hôtel de ville de Saint-Denis, ils sont nombreux, ces parents qui élèvent des enfants porteurs  de handicap, à témoigner des failles d’un concept consacré par la loi de Refondation de l’école du 8 juillet 2013. La réunion publique organisée à l’initiative de Stéphane Peu, député de la 2e circonscription de la Seine-Saint-Denis, a porté sur la scolarisation de ces enfants dans la commune, notamment ceux atteints d’autisme. Familles, militants associatifs, enseignants et aidants ont pointé du doigt le manque d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) dans les écoles. Mais qu’en est-il concrètement ? Joint par téléphone, Rachel Schneider, secrétaire départemental du syndicat enseignant SNUipp-FSU, explique que depuis un an, « la DSDEN (1) ne donne plus de chiffres, donc il est très compliqué d’avoir des indications chiffrées concernant le nombre de contrats signés AESH notamment. On n’arrive pas à avoir l’état des lieux, donc on ne peut partir que de ce que les parents et les écoles nous disent ». Égalementvice-président du groupe d’études parlementaire sur l’autisme, l’élu Stéphane Peu a adressé une question écrite au gouvernement le 8 juin. Il alerte le ministre de l’Éducation nationale sur « la grande précarité des AVS et AESH ».

Un travail à part entière

Angélique, 30 ans, et Julie, 33 ans, sont AESH. Elles travaillent au collège Jean-Lurçat au sein d’une équipe pédagogique « bienveillante ». Pour elles, c’est une vraie vocation bien que leur emploi ne bénéficie d’aucune reconnaissance. « AESH n’est même pas considéré comme un vrai travail, c’est un statut », s’exclame Angélique. Pour Julie, il est important que les AVS aient une vraie qualification. « Je ne suis pas pour qu’on distribue les postes comme ça. Tout le monde n’est pas capable de faire ce travail. » Depuis 2016, les auxiliaires de vie scolaires engagées en CUI-CAE, contrat de droit privé, peuvent devenir AESH, et signer un CDD d’un an renouvelable avec l’Éducation nationale sans passer nécessairement par « la case diplôme ». À la clé : la possibilité d’être embauché en CDI au bout de six ans. Mais dans les faits, ce passage d’un statut à un autre n’est pas toujours évident ou effectif. Pour les familles, ce casse-tête administratif autour des contrats des AVS pénalise l’éducation des élèves en situation de handicap alors que depuis la loi du 11 février 2005, tous ont droit à la scolarisation dès 3 ans.

Un combat sans fin ?

Lorsque Nadia Rouabah apprend peu avant les vacances d’avril que l’AVS de son fils Naïm ne reviendra sûrement pas après les vacances de printemps, elle décide de rebondir. Et vite. Pour cette Dionysienne de 47 ans, il est impensable que son enfant de 9 ans, inscrit en CM1 à Rolland-Madigou, soit déscolarisé. « J’ai dû garder mon fils à la maison pendant cinq jours alors qu’il adore l’école, et que c’est un enfant très intelligent », souligne cette mère de trois garçons. Pendant deux semaines, elle enchaîne les messages sur Facebook, écrit des courriers aux administrations, fait appel à des associations ainsi qu’à Stéphane Peu. Son engagement finit par payer. Le 30 avril, l’AVS de Naïm est de retour avec un contrat renouvelé et, fin juin, elle signera son premier contrat en tant qu’AESH. D’autres combats pour la cause de l’inclusion scolaire se profilent à Saint-Denis. Le maire de Saint-Denis Laurent Russier s’est engagé à ce que la Ville accompagne les services et le personnel sur ce dossier délicat.

Yslande Bossé

(1) Direction des services départementaux de l’Éducation nationale de la Seine-Saint-Denis.

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