Cultures

PCMMO
/ Cinéaste se conjugue peu au féminin

Trois ans après le débat « Femmes cinéastes », le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient a fait un état des lieux lors de sa table ronde qui s’est tenue le 27 avril au musée d’art et d’histoire. Une discussion animée par les enseignantes et chercheuses Claudine Le Pallec Marand et Emna Mrabet, en présence notamment de Hiam Abbass, la marraine du festival, de l’actrice dionysienne Eminé Meyrem, de la directrice des relations extérieures de l’École supérieure des arts visuels de Marrakech, Brigitte Aknin, ainsi que des réalisatrices Raja Amari et Nadine Naous. Le débat a dressé un constat sans équivoque. Si les femmes sont bien présentes dans l’univers du cinéma, notamment grâce des mesures de parité appliquée dans les écoles par exemple, elles souffrent d’un certain paternalisme inhibiteur sur les plateaux quand ce n’est pas le manque de reconnaissance qui les oblige pour certaines à « gommer toute féminité » ou les fait tomber dans l’oubli. Comme ce fut le cas d’Alice Guy, réalisatrice pionnière (1873-1968), qui n’a pas eu de postérité si ce n’est d’avoir donné son nom à un EHPAD, en charge entre autres de patients atteints d’Alzheimer…

Les chiffres qui appuient les témoignages sont édifiants. Entre 2006 et 2015, la France ne comptait que 19,9% de réalisatrices selon une étude du Centre national du cinéma. « En réalité, il n’y a pas eu d’évolution depuis les années 1990, s’indigne Sonia Jossifort, programmatrice. La progression est très faible. » À cette faible représentativité s’ajoute le problème de métiers « genrés » comme il en existe dans d’autres secteurs. Si l’on est une femme, on reste « l’assistant » ou le « régisseur adjoint », et même si l’on est un homme, on reste « habilleuse ». Concernant la représentation de la femme à l’écran, le test de Bechdel peut-être un outil efficace pour déterminer si une œuvre est centrée sur le genre masculin.

La première semaine du PCMMO qui s’est déroulée à Saint-Denis vient de s’achever. Cette édition 2017 semble être l’une des plus fructueuses avec certaines séances pleines à craquer comme lors de la projection en première mondiale du documentaire Tes cheveux démêlés cachent une guerre de sept ans de Fatima Sissani. Le festival a tenu sa promesse d’embarquer un public fidèle à travers une programmation de haute volée et qui a compté une majorité de réalisatrices.

MLo

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