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Mobilisation
/ Bataille de l’eau

Pour retirer la gestion de l’eau à Veolia, les militants favorables à une régie publique se mobilisent en vue du 26 septembre, jour où les élus de Plaine Commune devraient se prononcer sur le renouvellement de l’adhésion au Sedif, dont ils dénoncent les accointances avec la multinationale.
D'après une étude de l'association Que Choisir en 2013, les villes adhérentes du Sedif sont de celles où l'eau est la plus chère.
D'après une étude de l'association Que Choisir en 2013, les villes adhérentes du Sedif sont de celles où l'eau est la plus chère.

L’échéance serait sans doute passée inaperçue si le nouveau Collectif Eau Saint-Denis ne l’avait eue en ligne de mire dans sa bataille pour une régie publique de l’eau. Le 26 septembre, les élus de Plaine Commune se prononceront sur le maintien ou non du territoire au sein du Syndicat des eaux d’Île-de-France, le Sedif, qui assure avec son réseau l’alimentation en eau potable de 149 communes. Un marché énorme et dont les élus en charge de la présidence du syndicat ont toujours délégué l’exploitation à Veolia, ex Générale des Eaux. Conclu pour une durée de 12 ans, le contrat en cours avec la multinationale arrivera à terme en 2022, où selon toutes probabilités il devrait être renouvelé. Pour les partisans d’une régie publique à Saint-Denis, les accointances du Sedif avec Veolia ne laissent d’autre perspective qu’une sortie du syndicat, d’ordinaire difficile à négocier. D’où cette opportunité juridique à ne pas rater offerte par la loi NOTRe portant sur la Métropole du Grand Paris.

Quel coût pour la collectivité?

Avec le statut d’Établissement public territorial (EPT) dont elle a été dotée dans le cadre de cette nouvelle organisation territoriale, Plaine Commune devra se prononcer sur son adhésion au syndicat au plus tard le 31 décembre. Alors pourquoi en décider dès septembre ? C’est la première objection formulée par les militants, qui y voient comme une stratégie du fait accompli. Pour eux, ce vote ne peut être tenu sans qu’un « débat citoyen » n’en éclaire au préalable toute la portée. Notamment en termes de coût pour la collectivité. D’après un rapport de la Cour régionale des comptes publié en juin sur les derniers exercices depuis 2010, Veolia a facturé au Sedif une rémunération bien supérieure aux 7 millions d’euros annuels, qui était le maximum inscrit au compte prévisionnel. Plus de 20 millions par an en 2014 ! S’y ajouteraient, sans justificatif aucun, des « frais de siège » d’un montant de 7 millions par an.

Vague citoyenne

L’eau serait-elle moins chère en régie directe ? Les militants en sont convaincus au vu des prix pratiqués notamment dans la ville de Paris, en régie publique depuis 2010. Le mètre cube y est facturé 3,41 €. Mais s’élève à 4,28 € à Saint-Denis, qui était dans une enquête de Que Choisir, en 2013, l’une des villes de France aux tarifs les plus élevés. Après avoir lancé une pétition (1), les militants d’Eau public Saint-Denis ont eu l’initiative d’une soirée à l’Écran, où sera projeté le documentaire Vague citoyenne, en présence de François Guieu, son réalisateur, et du directeur de la Coordination Eau Île de France, Jean-Claude Oliva. Ce sera le jeudi 21 septembre, à 20h, au surlendemain de leur rencontre avec le président de Plaine Commune.

Soirée débat au cinéma l'Ecran, autour de la projection du documentaire "Vague citoyenne", en présence de son réalisateur François Guieu et du directeur de la Coordination Eau Ile-de-France, Jean-Claude Oliva, le jeudi 21 septembre à 20h.


Réactions

Bonjour. Que dit le président, néo communiste, de plaine commune ?? Et ce type se révolte pour les 5€ de Macron mais ça se couche devant les demandes de Véolia. Je crois plus Que Choisir que nos élus. Ils ont eu des avancer notables contre les multi nationales. Nos élus se sont juste couché devant les patrons du CAC 40 et du MEDEF pour les supplier de venir à Saint Denis avec des loyers pas cher. Mais pour les habitants, RIEN. Ah si.... on fait des fêtes pour les embobiner. En attandant, Véolia n'est pas une entreprise philanthropique. Elle est la pour faire du bénéfice.... même sur des pauvres.
Je n'ai toujours pas compris qui au sein du Conseil Municipal (majorité comme opposition) est pour ou contre un renouvellement de l'adhésion au SEDIF. A titre personnel, compte tenu du sujet (l'eau), je serais purement et simplement pour une nationalisation de tout çà, mais je pense que ce n'est pas possible (CEE). D'autre part, Si j'ai bien compris en consultant le site du SEDIF, cet organisme vend le m3 d'eau aux collectivités 1,50 euro ; les collectivités revendent ce même m3 d'eau en moyenne 4,50 euros en incluant des redevances municipales, départementales, régionales + la TVA. Si il y a quelque chose à gratter c'est sur les 1,50 euro ... De plus le SEDIF est "propriétaire" des canalisations, sauf à l'exproprier, il demandera toujours sa part du gâteau. Compliqué tout çà ... mais le sujet mérite que l'on s'y intéresse !

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