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/ AVS précaire, école en colère

La délégation des parents et de l'équipe pédagogique, à Bobigny, jeudi 16 mars.
La délégation des parents et de l'équipe pédagogique, à Bobigny, jeudi 16 mars.

« C’est le cinquième auxiliaire de vie scolaire (AVS) depuis le début de l’année », témoigne Baptiste Bretaud. Depuis septembre, l’enseignant de l’école Doisneau les voit défiler auprès du garçon scolarisé dans sa classe.

Pourtant la précédente AVS convenait bien. « La relation est de très bonne qualité, des liens se sont tissés avec cet enfant souffrant de troubles envahissants du développement », écrivaient les parents d’élèves, le 14 février, au directeur académique des services de l’Education nationale (DASEN). 

L’AVS en question, Mme G., travaille à l’école Doisneau depuis mars 2015 et souhaite s’y investir durablement. L’Education nationale prévoit bien la possibilité aux AVS d’accéder, au bout de deux ans de contrat d’insertion, au statut un peu plus stable d’Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH). Même la référente« handicap » de la circonscription reconnaît le «sérieux » et « l’implication » de Mme G.

Alors quel est le problème ? Son contrat se termine mi-mars, et la Direction départementale a suspendu les procédures fin février : les budgets sont bouclés. Les candidats au statut d’AESH peuvent quand même passer en commission. Si avis favorable, ils constitueront « un vivier d’AESH » pour la circonscription. En attendant, Mme G., qui touche 680 € pour 20 heures, doit trouver un moyen de vivre, et le petit garçon doit s’adapter, une nouvelle fois.

« Les enfants comme celui-ci sont particulièrement sensibles à ce type de changement entraînant chez eux une insécurité psychique pouvant souvent entraver le bon déroulement des apprentissages », s’inquiète Laëtitia Bouche-Florin, parent déléguée et par ailleurs psychologue clinicienne.

Les représentants des parents d'élèves ont écrit à la direction académique le 14 février et encore le 17. L'équipe pédagogique a demandé à être reçue le 24. Les syndicats ont relancé la directeur le 3 mars, avant que le maire de Saint-Denis ne lui adresse un courrier à son tour le 6 mars.

Tous ces courriers à la direction académique restant sans réponse, une douzaine de parents et d’enseignants en grève se sont invités à Bobigny, jeudi 16 mars.

Après avoir attendu longtemps, mangé un morceau et fait un peu de bruit dans le hall, ils ont enfin été reçus par une inspectrice chargée des questions de handicap et la directrice de cabinet du DASEN. « Mais aucune garantie satisfaisante ne nous a été donnée quant à l'avenir professionnel de notre AVS », regrettaient-ils en sortant de l'audience.

« L'élève dont elle s'occupait est désormais assisté d’une nouvelle et cinquième AVS qui doit reprendre le travail à zéro. Les auxiliaires de vie scolaire, dont le rôle est déterminant au sein de l'équipe éducative, ainsi que les élèves en situation  de handicap, subissent une réelle injustice qu'il est difficile pour nous d'accepter. »


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