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Danger et irresponsabilité
/ Attention à l’ouverture des bornes incendie !

Une cinquantaine d’entre elles ont été ouvertes chaque jour pendant la canicule dans les villes de Plaine Commune. Des mesures ont été prises pour empêcher et prévenir ces actes « dangereux, inciviques et irresponsables », selon les termes du maire.
Le jeudi 22 juin, en début de soirée, rue de Strasbourg.
Le jeudi 22 juin, en début de soirée, rue de Strasbourg.

Le mercredi 21 juin, alors que le mercure approchait les 40°C, six maires de Seine-Saint-Denis ont interpellé l’État afin que cesse « l’ouverture abusive des bornes à incendie », selon les termes du communiqué de Laurent Russier qui dénonce des actes « dangereux, inciviques et irresponsables ». Poteaux ou bouches enterrées, 53 bornes avaient été forcées la veille sur Plaine Commune. « On en a eu 20 à 25 par jour à Saint-Denis et à L’Île-Saint-Denis pendant la semaine », relève-t-on à l’unité territoriale voirie, qui gère les interventions. Et d’après cette UT, aucun quartier de la ville n’a été épargné lors de ces journées de canicule. Pointé depuis 2015 dans le département, le phénomène a été relevé cette fois à Paris et dans toute l’Île-de-France – ainsi que dans le Nord – où comme à Saint-Denis les geysers jaillis des bornes ont rempli des piscines gonflables sorties pour l’occasion. Ou inondé des rues transformées en pataugeoire, à l’exemple de la rue Gabriel-Péri où des bacs à ordures renversés sur la chaussée ont servi de retenues d’eau.

Inutilisable dans la lutte incendie

Comme le soulignent donc les élus, ces pratiques sont dangereuses. L’eau sous très forte pression, deux à trois bars, pour les besoins des lances à incendie, peut être à l’origine de blessures, comme pour cet enfant propulsé par un jet en 2015 à Bobigny. Le risque est grand aussi d’électrocution avec des équipements sous tension à proximité. Des accidents de circulation ont également été relevés en raison d’un effet d’aquaplaning sur les chaussées inondées. Sont encore relevés des inondations de caves et de parkings. Conséquence la plus grave déplorée par les pompiers, une borne ouverte n’est plus utilisable dans la lutte incendie, faute de réserve en eau et d’un débit suffisant. Si ouvrir une borne est plutôt facile, la fermer l’est moins. L’intervenant de la société prestataire de Plaine Commune, Veolia ou CIG, ne prendra pas le risque de se heurter à un attroupement hostile comme en rapportait le 20 juin le maire de La Courneuve à propos d’agents agressés par des jeunes dans sa ville. À la fin mai, une borne ouverte sur la place du Front-Populaire a ainsi craché son eau pendant des heures. Reste le coût pour les communes de ces quelque 60 m3 d’eau gaspillée par heure et par borne (1).

Des "dispositifs de rafraichissement"

Depuis l’an dernier, un « plan de gestion estival » est élaboré par Plaine Commune, avec d’abord pour objectif de « bloquer l’ouverture des hydrants », ou points d’eau. « En fonction des dangers occasionnés par leur ouverture en 2016 », 12 sur les 45 que compte la commune doivent être équipés cette année d’un dispositif de blocage. Mais au vu des événements de la semaine passée, il est évident qu’un plus ample déploiement s’impose. Au volet préventif des « dispositifs de rafraîchissement », les bornes fontaines doivent faire l’objet d’un inventaire. Et pour y faciliter les jeux d’eau, un modèle de « borne fontaine ludique » devrait être conçu. À noter encore dans le quartier Pierre-Sémard, l’aménagement de la nouvelle place Manouchian. Plantée de « 26 arbres », elle sera dotée d’une fontaine sèche à 22 jets, en partie financée par l’ANRU. L’été sera probablement « plus chaud que la normale » estime-t-on à Météo France à défaut de pouvoir prévoir un nouvel épisode caniculaire. Renforcées en ville par la chaleur emmagasinée par la pierre, le béton et le bitume, les canicules se multiplieront dans les années à venir. Les météorologistes en sont sûrs.

Et il faudra bien davantage que les dispositifs programmés pour aménager en nombre suffisant les « îlots de fraîcheur » à présent improvisés à l’arrache par l’ouverture des bornes incendie.

(1) Le montant ne nous a pas été communiqué.

Pour signaler l'ouverture d'une borne, contacter en semaine Allo agglo au 0 800 074 904. Le soir et le week-end, appeler la mairie au 01 49 33 66 66, le commissariat central au 01 49 71 80 00 ou le commissariat de la Plaine au 01 48 09 61 90.

Réactions

Il ne faut pas oublier les nombreuses vitres cassées pour les vols à la portière ainsi que les vols de scooters qui ont eu lieu. « dangereux, inciviques et irresponsables », selon les termes du maire. Il semble encore atterrir à Saint Denis alors que c'est le cas depuis de nombreuses années. Il faudrait qu'il en parle à son maire adjoint D. PAILLARD. Quand à la facture... Sans aucun doute répercuter vers les contribuables de la ville. MMMMMMMMhhh la fameuse ville ou D. PAILLARD nous disait qu'il y faisait bon vivre. En on a des preuves tous les jours.
Azzedine le mec qui commente sans arrêt sur tous les sujets et qui n'est jamais content. Votre vie doit être triste pour que soyez toujours sur tous les commentaires du jsd! Ca deviens ridicule vos interventions! Il reste encore des sujets pour vous occuper au fond du caniveau? Pathétique...
Bonjour. @Charlie. Seulement ceux ou la responsabilité de la municipalité est clairement engagée. Seulement ceux ou l'avenir des habitants est impacté. Ma vie va très bien, merci de vous en soucier. J'ai même le temps de m’intéresser à la vie locale et à l'incompétence crasse d'élus trop mal élus pendant des décennies et qui prétendent savoir ce qui est bon pour les habitants sans bien évidemment leur demander quoi ce soit. Parce qu'on prétends œuvrer pour l'écologie et que des millions de litres d'eau ont été gaspillé, oui je m'indigne devant l'inaction des élus. C'est un ville ou il y a plus de 3 000 employés municipaux et pas fichu de mettre en place des systèmes anti effraction sur les bouches incendie. Pathétique. C'est effectivement le niveau caniveau comme argumentation. Et puis apprenez l'ironie. Cela vous fera du bien. Revenez quand vous aurez des arguments. Je débattrais avec vous.
Je pense que ce problème de bornes incendie est aussi lié à l'environnement bien trop minéral et trop peu végétalisé de notre ville et de nos quartiers. La température monte haut très vite et le reste longtemps. On étouffe très vite et c'est très difficile à supporter.C'est, entre autres, la question d'aménagement du territoire qui est à poser...
Nadia, excusez moi mais vous dites n'importe quoi on a tous souffert de la chaleur et ces épisodes vont se répéter c'est pas pour ça qu'il faut agir comme des voyous qui ne pensent pas aux conséquences en cas d'incendie.
Bonjour. @Yam. Je ne pense pas que Nadia excuse qui ce soit. Elle souligne un vrai problème d'urbanisme ou les espaces respirations (parc et fontainent n'existent pas à Saint Denis sauf la légion d'honneur mais il est pour les habitants du centre ville). Quand elle dit "minéral" elle veut dire que le béton a envahi notre ville sous prétexte de densification.
@Yam, comme l'a justement souligné Azzedine, je n'excuse personne et ouvrir les bornes incendie est un délit! Par contre,je pense que, dans ce cas comme dans bien d'autres, la répression et la sanction sont nécessaires, mais insuffisantes pour régler le problème à terme...M.Ribay, adjoint au climat à Saint-Denis, qu'en pensez-vous et que proposez-vous?
@Nadia Je pense que ce problème de bornes incendie est aussi lié à l'environnement bien trop minéral et trop peu végétalisé de notre ville et de nos quartiers. La température monte haut très vite et le reste longtemps. Je partage pleinement ce point vue. Nous ne nous en sortirons pas sans une végétalisation massive de l'espace public existant et des espaces privés : alignement d'arbres, végétalisation par bacs, pieds d'arbres, des toitures, des façades, des murs. C'est la première parade aux ilots de chaleur. La présence de l'eau en ville à l'image des aménagements réalisés à Bordeaux sur les quais ou plus près de nous à Paris, place de la République en sont des exemples. Peu consommateurs d'eau ces aménagements permettent de répondre aux pics de canicules. Une fontaine place Robert de Cotte libérée des voitures, un aménagement autour de l'eau et des arbres plantés place Jean Jaures, une fois cette place libérée du marché déplacé (avec moins de commerçants) place du 8 mai, des berges de Seine aménagées permettant d'aller s'y rafraichir, des alignements d'arbres à reprendre ou à planter le long du canal… Tout doit être utilisé pour faire face aux canicules à venir. Tout cela coûte, tout cela est un investissement pour l'avenir et la qualité de vie. C'est indispensable. Agir aussi sur les modes constructifs. Plus de bois. Moins de béton. Cela doit être une priorité pour Plaine Commune. Pour qu'elle soit mise en œuvre il faut qu'elle soit partagée majoritairement, considéré par tous comme une priorité avec les budgets afférents. Quant aux bornes à incendie, il n'est pas acceptable que des vies soient mis en danger (incendies), que des milliers de m3 d'eau soit gâchée…la sécurisation des bornes doit être impérativement assurée. Aujourd'hui il pleut. Je m'en réjouis. Bien cordialement,
Merci M.Ribay de vos réponses et de vos propositions. J'aimerais tellement qu'elles soient mises en oeuvre dans notre ville...Cela sera-t-il possible un jour?Moi aussi je suis contente quand il pleut, y a moins de squatters qui boivent qui fument et qui crient dans ma rue!!!!
J'aime beaucoup l'humour de Michel ribay quand il parle d'écologie.. Ce monsieur est co gestionnaire d'une municipalité qui betonne chaque cm2 de disponible dans la ville. Jamais il combat cette idéologie du béton et après il vient nous faire la morale sur les espaces verts
@Mr Guermat Aucune morale Monsieur. Je réponds à une question. Votre opposition viscérale mais sans cohérence à la municipalité vous empêche-telle de voir qu'au sein d'une majorité municipale tout le monde n'a pas forcément la même approche ? De plus vos assertions sont fausses. L'histoire urbaine de la ville, ses aménagements sont très contrastés. Bien plus de verdure au nord qu'au sud. Je ne partage pas la conception de l'aménagement réalisé sur La Plaine pensé et réalisé dans les années 90 et 2000. Autant il y a des réussites architecturales (aller faire un tour du côté de la rue des Blés, Monsieur Guermat, la ville est grande), autant l'aménagement de la Montjoie manque d'espaces verts. En dernier lieu, participez, investissez dans la végétalisation Mr Guermat ! D'autres le font. Une petite terrasse fleurie et verdie. Pourquoi pas des bacs à fleurs devant votre magasin. Pendant qu'on en parle, un petit effort sur la qualité de votre enseigne ne ferait pas de mal. Je sais ce n'est pas la pire mais ce n'est pas une raison. Bonne journée.
Bon, si vous trouvez que mettre un pot de fleurs peut permettre de combattre la betonnisation de la ville, je préfère m'arrêter là dans la discussion... Comme j'avais lu dans un autre forum, vous répondez toujours mais vous ne servez à rien... Votre réponse résume complètement votre participation à la vie de la ville, c'est à dire à rien..
Vous comprenez ce que vous voulez comprendre Mr Guermat. Faite un effort. Relisez. Regardez autour de vous. Tapez végétalisation sur un moteur de recherche.
Force est de constater que nos élus locaux ont baissé les bras depuis bien longtemps en se frottant les mains quant au millefeuille territorial qu'ils dénoncent pourtant lorsque cela les arrange. Les problématiques de bouches incendies, particulièrement localisées, n'auraient donc aucun lien avec les politiques locales menées ? Avec le Plan Local de l'Habitat, avec le PLU, avec le CDT que les maires des communes en question se sont auto imposé ? Ils ne sont pas capables de régler un problème et en appelle donc, évidemment, à l'état ? Je me plais à faire un parallèle extrêmement intéressant avec les problématiques de circulation. Les mêmes élus n'ont de cesse de dénoncer la mauvaise desserte en transports de certains secteurs, quartiers, la surcharge et la lenteur des lignes de bus, etc. Ils sont incapables d'endiguer ce phénomène. Alors que les flasheuses sont entrées en service que font ces maires ? Ils temporisent, ça flashe trop, les électeurs sont pas contents (par contre les citoyens qui subissent au quotidien on s'en fou, ce qui compte c'est de bien voter.) Qu'ont proposé ces élus en réponse à ce problème ? Rien. Absolument rien. La Maire d'Aubervilliers dans son discours cite tout un tas de "choses" qui auraient été entreprises, en premier lieu la pédagogie, mais ne parle à aucun moment de répression. On laisse faire et on agite le drapeau du vilain état qui donne pas de sous. Certains des rares parcs dû territoires sont équipés d'arrosage automatique. Celui-ci est rarement entretenu, ce qui fait que les plantes et parcs, littéralement, crèvent. Réparer et entretenir ces réseaux d'arrosage automatique permettrait d'avoir des espaces de fraîcheurs en bon état, et pas une pelouse cramée et des arbres à l'agonie. Une expérience intéressante, maintenant que depuis juin 2017 les prévisions météo sont relativement fiable quant à l'arrivée d'une canicule une semaine à l'avance serait de - mettre en route l'arrosage automatique en journée - créant ainsi de vrais espaces de fraîcheurs. Lorsqu'il disrobxtionne ou et percé et s'active en journée sous le soleil, cela m'est arrivé du côté de Vincennes ou plus proche d'ici, au sein du Parc Icade, cela est particulièrement agréable. Utiliser l'existant pour trouver des solutions. Joindre l'utile (arrosage d'un parc, meme si les usages et le bon sens conduisent à ne pas arroser en journée mais le soir, de nuit ou au petit matin), à l'agréable. Ne pas se contenter de brasser du vent, s'exciter et s'agiter dans le Parisien. Faire de vraies propositions. Réfléchir. Agir. Avec bon sens et discernement. Ici, lorsque les élus sont interpellés, a juste titre, par des riverains en colère et excédés, la méthode, c'est rejeter la faute sur l'état, sur le Stif, sur la région, le département et j'en passe. Qu'on ne me dise pas que Plaine Commune, la Ville de Saint-Denis, Aubervilliers n'ont pas les moyens de mettre en route un arrosage automatique, mais peuvent se permettre de faire supporter aux rares ménages payant la taxe d'habitation (et noire, plus pour longtemps) de supporter les fortunes insoutenables que représentent ces mètres cubes d'eau gâchée. Il s'agit simplement d'une passivité complice. Ce sont bien, in fine, les élus locaux qui sont responsables des conditions menant à cette situation invraisemblable d'une part, et qui permettent son maintient dans la durée et son extension géographique en raison d'une passivité complice, d'autre part. Il faut savoir rendre à Cesar ce qui est à Cesar.
Alors comme cela Monsieur Ribay, c'est à nous autres citoyens de combattre avec nos pots de fleurs, la politique de bétonisation à outrance de la municipalité. Tel Sysiphe, nous poserons chaque soir sur nos balcons, un pot de fleurs pour que le lendemain son effet bénéfique soit annihilé par les m3 de bétons qui auront été déversés sur la ville ! C'est vraiment le pot de béton contre le pot de fleurs que nous autres habitants de cette ville sommes obligés de subir.
@ Horta relisez ce que j'ai écrit au lieu de caricaturer dans le droit fil de Mr Guermat. Les bacs à fleurs sont une remarque quant à l'aménagement possible du commerce de Mr Guermat.
La cause du probleme est tout simplement l ÉDUCATION... (incivisme, non respect des regles, de l environnement... ) l éducation non assurée par les parents....

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