Cultures

Ligne 13
/ Alba Burge défie les défilés parisiens

Cette étudiante en communication à Paris 8 offre l’occasion à six jeunes créateurs de présenter leurs modèles sur un podium dionysien. Comme un pied-de-nez à l’élitisme de la Fashion Week. Pour montrer que la mode se passe aussi en Seine-Saint-Denis.
Le défilé à La Ligne 13 fera la part belle à six jeunes créateurs français.
Le défilé à La Ligne 13 fera la part belle à six jeunes créateurs français.

Elle veut briser les codes de cet univers étanche qui fait la réputation de Paris. La Mode, Alba Burge la chérit autant qu’elle en abhorre les dogmes. À seulement 20 ans, cette étudiante en communication s’est lancé le défi d’organiser son propre défilé samedi 4 mars à la Ligne 13. Loin de l’ambiance jet set des podiums parisiens, des robes hors de prix et des mannequins sacrifiés sur l’autel du grammage, le défilé Ready to wear (Prêt-à-porter) mettra en avant six créateurs émergeants. L’événement promet d’être populaire, bariolé et jeune, à mille lieues des cocons impénétrables qui fleuriront dans la capitale au même moment. La Fashion Week se tiendra à Paris et si l’organisatrice ne prétend pas lui faire concurrence elle tentera néanmoins de prouver aux « gens du milieu » qu’en Seine-Saint-Denis, aussi, la mode a toute sa place. Et de clouer le bec des sceptiques au passage. « Mon entourage et des professionnels de l’événementiel m’ont déconseillé de le faire à Saint-Denis. Mais pour moi, un défilé ne doit pas se cantonner au luxe. Il doit être accessible, cela doit rester du divertissement », raconte Alba Burge, agacée par les réactions que son projet a suscitées autour d’elle. « J’ai étudié le traitement médiatique réservé à Saint-Denis et ça me réconforte dans ma position. J’ai envie de montrer qu’il peut s’y passer de belles choses », prévient l’organisatrice qui n’a jamais eu l’occasion d’assister à un défilé. « C’est toujours réservé aux gens fortunés ou aux attachés de presse », lâche-t-elle, amère face à ce traditionnel entre soi.

Nonobstant, l’initiative semble séduire les jeunes créateurs. Alba s’est même réservé le luxe de choisir les designers du défilé. Sur la quarantaine de candidatures reçues, elle en a retenues six. « Il n’y aura rien d’industriel, prévient-elle. Certains ont un atelier, d’autres travaillent directement chez eux… Et les pièces qui vont être présentées sont encore mieux que ce que j’ai pu voir dans leur lookbook. » Se succéderont sur la scène de la Ligne 13 les tenues d’Aymeric Alexandre, fondateur de Yuza-Paris qui a notamment habillé le rapeur Kalash, la franco-gabonaise Peggy Morlier (By PM) et ses combinaisons modernes en wax, les pièces épurées tendance street-bohème de Déborah Rouchedi, les créations chics et sensuelles de Myriam N’D (Evorii Frey), les textiles colorés aux accents sportswear d’Emilie Galan Dreulle et les modèles subtilement composés de l’autodidacte strasbourgeoise Sarah Guicherd (Sarah G. Collection). « Je veux mettre en avant la jeunesse française à travers ces créateurs. Ce défilé est une tribune pour qu’ils s’expriment. Pour certains, ce sera même une première, détaille Alba Burge, fatiguée par la masse de travail que nécessite la préparation d’un tel rendez-vous. On nous dit sans cesse que notre génération n’a rien envie de faire, je veux prouver le contraire. »

L’objectif est aussi de prendre du plaisir à tous les niveaux. « Les mannequins (2 hommes et 15 femmes) doivent s’amuser, je ne veux pas qu’ils fassent la tête, assure l’étudiante de Paris 8. Sur certains défilés, les filles sont juste des bouts de bois. Je veux les laisser au naturel. Il y aura tout type de beautés, même si je n’ai pas su trouver des créateurs qui font des tailles larges. Là, ce seront des tailles standard. En France, l’anorexie, ça passe, mais pas l’obésité ». Elle ne fait pas dans la dentelle et taille un costard à la « fashion élite » actuelle en ne laissant personne sur le côté. Les maquilleuses de son défilé seront des étudiantes (budget oblige) de l’École internationale de coiffure et du Conservatoire du maquillage.

Le défilé d’Alba Burge s’inscrit dans une mutation de la mode qui tend progressivement à rompre avec l’establishment de la Fashion Week. La relève est bien là, elle s’affranchit des diktats et se laisse guider par une passion ignifuge quand certains obéissent encore, le petit doigt sur la couture du pantalon.

Maxime Longuet   

Samedi 4 mars, à 15h, Ligne 13 (12, place de la Résistance-et-de-la-Déportation). Entrée gratuite. Possibilité de passer commande sur place. 

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