Portrait

Simon Frenay
/ Acteur de la ville

Comédien. Tombé sous le charme de Saint-Denis, il s’y est installé il y a un an. Et compte bien participer à la vie locale.

« Et si c’était mal interprété ? » Quand il dit ça, Simon Frenay ne parle pas de son boulot de comédien, mais de l’image que pourrait renvoyer son portrait dans le JSD. Sa plus grande crainte étant de « passer pour un mec arrogant » alors qu’à Saint-Denis, il rêve de se fondre dans l’arrière-plan. Quasi complexé d’être ce beau gosse au sourire ravageur et presque désolé de ne pouvoir porter l’épiderme de sa grand-mère réunionnaise. « Chez moi, les couleurs sont à l’intérieur ! », sourit celui qui a succombé il y a un an au charme cosmopolite, populaire et métissé de Saint-Denis. « En achetant mon appartement, j’avais peur de passer pour le bobo parisien qui vient pour gentrifier la ville et juste faire sa plus-value immobilière. » C’est frappant chez lui cette anxiété de se voir enfermé dans un rôle, peut-être par déformation professionnelle, alors qu’il paraît évident que ce jeune homme de 29 ans n’est pas venu ici pour faire de la figuration. Une envie « de s’impliquer et de vivre [sa] ville », notamment perceptible dans son engagement bénévole au sein de l’association Africains sans frontière, où il dispense depuis décembre des cours d’alphabétisation. « J’en avais marre d’être sollicité sans arrêt dans le métro sans pouvoir donner de l’argent à tout le monde. Là, je donne de mon temps et ici, ça a vraiment du sens. »  

Intarissable sur sa conception de Saint-Denis, qu’il trouve « plus solidaire, plus énergique » mais aussi plus « transgressive » et « rugueuse » que Paris, il la découvre chaque jour un peu plus « inspirante d’un point de vue dramatique ». Pas dans un sens tragique, mais dramaturgique. Et ça tombe bien, puisqu’en marge de ses cachets d’acteur, Simon Frenay s’est lancé il y a peu dans la création et dans l’écriture de scénarios, avec déjà plusieurs projets de courts-métrages sur le feu. Dans sa marmite aussi, il y a bien sûr la sortie en Inde du film Shab, cinquième long-métrage du réalisateur Onir, où il joue l’un des rôles principaux, celui de Benoît, un expatrié français fuyant la France de ses peurs et de ses échecs. À Bollywood, il a aussi tourné The Bioscopewallah de Deb Medhekar, où il joue à nouveau le rôle d’un expatrié, Michel. « Il faudrait que je trouve le temps d’apprendre l’hindi. J’aimerais retravailler là-bas mais pour jouer autre chose que l’expat’ français. »

Devenir acteur, c’était un rêve de gosse, nourri avec un ami d’enfance de la campagne aixoise, dans les Bouches-du-Rhône. « Ado, on se disait souvent qu’un jour on monterait ensemble à Paris pour faire ce métier. » De belles déclarations d’intentions qu’il a bien fallu un jour confronter à l’épreuve de la scène. « Mon premier cours a été horrible. Je me suis juré que je ne ferais plus jamais de théâtre. » C’était sans compter sur son pote qui a passé une semaine à le convaincre de revenir à la séance suivante. Bien lui en a pris, Simon a réussi à dompter sa timidité et à faire ses armes dans une compagnie locale. Mais encore fallait-il que ses parents prennent son projet professionnel au sérieux. « Quand j’ai eu mon bac, ils sont venus me voir jouer à la fin de l’année et là ils ont réalisé que ça avait du sens de m’aider. » À tout juste 19 ans, il débarque à Paris comme il se l’était promis. S’inscrit aux cours Florent. Passe des auditions et accepte tous les cachets qu’on lui propose, jusqu’à décrocher deux petits rôles dans les films de Robert Guédiguian. Et là, il pourrait se la raconter.


Réactions

Bienvenue à Saint-Denis Simon !
Cher Simon, Je suis une étudiante argentine et j’ai lu votre portrait en classe de français. Je voudrais vous féliciter par vos actions et idées qui ont un impact positif dans la communauté et qui m’a fait réfléchir. D’abord, par votre compromis et travail bénévole dans la fondation « Africaine sans frontières » qui fait possible changer beaucoup de vies et montre générosité et altruisme. En plus, j’admire vos pensées qui encouragent la tolérance pour toutes les personnes. D’autre part, je suis impressionnée de votre persévérance et dédicace dans votre cours de théâtre, qui vous aide à atteindre votre but d’habiter à Paris. Même s’ils semblent des petits gestes, je crois qu’ils donnent inspiration pour les autres, alors ils sont des incroyables actions. Merci, Mia

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur