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Parrainage républicain
/ 93 parrains de la dignité humaine

Jeudi 26 octobre, la cérémonie publique de parrainage républicain de sans-papiers organisée par la Ville et Plaine Commune s’est tenue en mairie. 93 personnes en situation irrégulière en ont bénéficié.
Cérémonie de parrainage à la mairie de Saint-Denis, jeudi 26 octobre
Cérémonie de parrainage à la mairie de Saint-Denis, jeudi 26 octobre

« Un acte de résistance et de démocratie. » Voilà ce qu’a revendiqué le maire Laurent Russier dans le discours introduisant la cérémonie publique dédiée au parrainage républicain de sans-papiers organisée jeudi 26 octobre à l’appel de la Ville et de Plaine Commune.

Si un tel événement ne s’était pas produit depuis 2006, Saint-Denis semble déterminé à renouer avec cette démarche (1). Hautement symbolique, elle se veut aussi résolument politique, avec la volonté affichée de rendre audible dans l’opinion et les médias « un contre-discours » sur l’accueil des étrangers, que le maire a pris soin de situer « à contre-courant absolu des politiques gouvernementales ».

Devant une salle des mariages comble, il a défendu le droit à la régularisation comme « un enjeu de dignité humaine », car « c’est bien de déni d’existence dont il s’agit ». Et alors qu’il est « de plus en plus difficile de survivre sans papiers sur le territoire français », Patrick Braouezec, président de Plaine Commune, a défendu « l’importance de cette manifestation de solidarité », et qui plus est, par les temps qui courent. « On voit des personnes êtres condamnées pour avoir aidé des sans-papiers », a relevé celui qui, alors maire de Saint-Denis, avait eu recours dès 1998 au parrainage pour dénoncer le durcissement des lois sur l’immigration.

Des prises de position saluées par les collectifs en lutte pour leur droit à « une existence libre », comme s’en est fait l’écho un porte-parole de la Coordination des Foyers 93. « La situation n’a jamais été aussi grave », a poursuivi Marguerite Rollinde, présidente de la coordination 93 de lutte pour les sans-papiers. À l’heure où Emmanuel Macron plaide pour encore plus de fermeté et de reconduites à la frontière, « il y a urgence à entrer en action et à relancer une dynamique », a-t-elle fait valoir en appelant à soutenir dans la rue le combat de ses 1 200 adhérents.

Un engagement à soutenir son filleul

Ces manifestations à venir ont contribué à donner une perspective collective à cette cérémonie de parrainage individuel, dont 93 personnes sans-papiers ont pu bénéficier, avec la mobilisation d’un nombre équivalent de marraines et parrains. Des tandems qui sont tour à tour venus sceller cette promesse de compagnonnage en apposant leur signature sur une carte de parrainage où figuraient leurs coordonnées respectives et le tampon de la Ville. Un engagement à soutenir la personne dans ces démarches administratives qui peut également prendre tout son sens en cas de difficultés avec la police.

À côté d’élus, de personnalités locales, de militants associatifs, de citoyens lambda, de célébrités, comme la comédienne Josiane Balasko ou le philosophe Bernard Stiegler, un ancien sans-papiers a aussi répondu à cet appel. « Je sais ce que c’est de vivre avec la hantise d’être expulsé, mais je sais aussi ce qu’est la solidarité, puisqu’elle a fait de moi un citoyen français », a expliqué Vassindou Cissé. Régularisé il y a dix ans, il a longuement lutté dans les années 2000 pour ses droits avec les autres occupants du 76 Péri. En découvrant la situation des actuels collectifs du 168/99 et du 57-59 avenue Wilson, dont est issu son filleul Diaby, c’est peu dire qu’il a retrouvé son histoire. « Tout ce qu’ils traversent, je l’ai déjà vécu… » Par ces mots, il a aussi incarné l’espoir, essence même de cette cérémonie.


(1) En vue des prochains parrainages, les personnes souhaitant devenir parrains ou marraines peuvent prendre contact : julie.dusseaux@ville-saint-denis.fr ou 06 11 96 55 97.


Réactions

les droits de l'hommisme à l'honneur dans cet article. Qui payera le tourisme dit "social" pour étrangers généré par ce type d'humanisme mortifère? les élus dont certains millionnaires en euros ou la population active? il serait intellectuellement plus honnête de demander aux parrains de ces sans papiers d'assumer financièrement la future précarité de ces étrangers quand ils auront leurs papiers car le travail stable se fait rare en FRANCE. l'adage "les conseilleurs ne sont pas forcément les payeurs" est toujours d'actualité malheureusement.
Ce serait mieux que tous ces "bons samaritains" ouvrent également les portes de leur propre logement pour héberger les sans papiers en attendant mieux !
C’est tellement facile d’être « sans papier » à ST DENIS. Il suffit d’obtenir un visa de courte durée pour venir en France afin de rendre visite à sa famille et ensuite ne plus retourner dans son pays d’origine. Je parle en connaissance de cause car je suis marié à une africaine et je connais très bien ce milieu africain. Il faut savoir qu’il existe une très grande solidarité sociale entre africains imposée par une survie continuelle dans leur pays d’origine. C’est humain. En général, dès qu’une famille non française obtient un logement en FRANCE, automatiquement ce logement devient un dortoir pour sans papiers avec l’apport d’autres membres de la même famille. Résultat : 10% de la population à ST DENIS au minimum sont des sans-papiers Bienvenue aux étrangers qui apporteront de la richesse à ce pays en ayant un CDI et en payant des impôts. Mais ce ne sera pas le cas malheureusement pour la majorité d’entr’eux obtenant un visa de 10 ans car ils vivront dans la précarité sociale au même titre que de plus en plus de français en raison du marasme économique permanent dans ce pays. Ils vivront donc bel et bien dans le tourisme social qui est un tourisme spécifique pour réfugiés économiques nourris par l’assistanat institutionnalisé par nos chers politiciens gentillets. Les élus qui ont pris cette initiative généreuse ne payeront pas les conséquences financières de leurs actes. Ce sera donc à la population active de le faire. Nota : pour l’instant, seuls 5% du 1 million de réfugiés syriens en Allemagne se sont intégrés par l’obtention d’un travail stable. Il faut s’attendre alors qu’il y est un nouvel afflux migratoire d’Allemagne en France de ce type de réfugiés après l’obsolescence de leur visa de 3ans accordé en Allemagne car la France est perçu dorénavant comme le pays des droits de l’hommisme et non plus des droits de l’homme.

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