À la une En ville

Pleyel
/ À l’ombre des ZAC

Coincée entre plusieurs Zones d’aménagement concerté, une enclave du quartier Pleyel n’est elle concernée par aucun projet d’urbanisme.
Un petit bout de Pleyel coincé entre la zone d’activités Charles-Michels et les voies de chemin de fer.
Un petit bout de Pleyel coincé entre la zone d’activités Charles-Michels et les voies de chemin de fer.

Au nord, la ZAC Confluence ; à l’ouest, la ZAC fluviale ; à l’est la ZAC Lendit-Pleyel ; au sud, la future gare du Grand Paris Express, le franchissement des voies ferrées, le projet « Inventons la Métropole », le futur village olympique. Et, au beau milieu, un quartier dans le quartier, un petit bout de Pleyel coincé entre la zone d’activités Charles-Michels et les voies de chemin de fer. En remontant le boulevard de la Libération, depuis le carrefour Pleyel, il faut marcher dix minutes en passant sous l’A86 avant de croiser les rues Calon et Genovesi, portes d’accès à ce périmètre enclavé, qui n’entre dans aucun grand projet d’aménagement.

Tout du long de la rue Jules-Genovesi, qui s’appelait rue de l’Avenir avant de prendre en 1947 le nom de ce maire adjoint mort en déportation, plusieurs bâtiments délabrés. Il y a un an, l’immeuble du 38 a brûlé. « C’était complètement insalubre », dit une ancienne habitante, qui a publié son témoignage sur le site Copros Libres Saint-Denis. « La porte d’entrée était ouverte jour et nuit, il y avait des rats, des câbles électriques pendaient dans les couloirs… » Dans la rue, plusieurs immeubles dans le même état, murés.

« Prolonger des voies pour désenclaver cette zone »

Plus loin, rue Pralet-Lefèvre, il règne un calme d’un autre monde. Une habitante, peu habituée à croiser des promeneurs, demande si l’on est perdu. Elle habite là depuis 1975, elle a connu cette boucherie, cette boulangerie, dont elle montre les vestiges. « J’aime bien le quartier », dit-elle. Comment le voit-elle évoluer ? Spontanément, elle évoque les JO 2024 ; elle ne s’en réjouit pas. « Ça dure un mois, ils dépensent beaucoup d’argent et après ils vont dans une autre ville… » Les Jeux olympiques reviennent dans chaque conversation. « Les gens sont dubitatifs, estime Carole, du conseil citoyen. Ça va coûter très cher… » En attendant, « le quartier est à l’abandon. Certains habitants apprécient le calme. Mais il n’y a pas de cabinet médical, pas grand-chose pour les jeunes à part le square », dont le terrain de foot a été refait en 2014.

« C’est vrai que ce quartier est excentré par rapport aux grands projets d’aménagement, reconnaît Michel Ribay, maire adjoint. Il y a eu une bonne requalification de la Cité Meissonnier, mais c’est un quartier résidentialisé, un peu fermé. » Sans foncier permettant une opération d’envergure, il faut agir sur plusieurs leviers en même temps pour changer le quartier. « On travaille sur un vrai plan de circulation, avec du stationnement réglementé pour éviter les véhicules ventouses. On mène aussi une réflexion pour prolonger des voies afin de désenclaver cette zone, de la rattacher au secteur Charles-Michels. »

Les spéculateurs à l'affût

Les commerces, il faut les chercher sur le boulevard de la Libération. Aux « Deux Frères », où les salariés de Pleyel mangent une pizza ou un couscous à midi, on parle aussi des grands projets. « Des gens viennent se renseigner pour acheter, dans quelques années ça vaudra plus cher », confie l’un des patrons. De fait, ce coin reculé de Saint-Denis est observé. « Rue Genovesi, un investisseur a même déniché un trois-pièces de 60 m2 à 120 000 € », s’enthousiasmait le magazine Capital en 2016. La dynamique aidera-t-elle à résorber l’insalubrité ? Certains habitants ont peur que la hausse des prix ne les déloge. Pas sans raison. Si le mètre carré autour de la rue Genovesi approche 3 000 € en moyenne, les T2/T3 dans les immeubles neufs des rues Watt ou Faraday, à quelques centaines de mètres, coûtent déjà entre 3 500 et 4 500 €/m2.


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