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Citoyens debout contre les trafics
/ « Si on doit aller manifester à l’Élysée, on ira »

Mercredi 21 juin à Bobigny, la préfecture de Seine-Saint-Denis a reçu une délégation d'habitants du collectif des citoyens debout contre les trafics et les violences.
Les Dionysiens ont manifesté devant la préfecture de Bobigny. Photos de © Dominique SECHER
Les Dionysiens ont manifesté devant la préfecture de Bobigny. Photos de © Dominique SECHER

« À l’affût ! à l’affût ! », braille un quinquagénaire. « Ça passe ! Ça passe ! », répond une jeune femme. Ce 21 juin après-midi, en pleine canicule, les Dionysiens ont l’esprit taquin sur le parvis de la préfecture à Bobigny. Pancartes à la main, masques sur le visage, ils viennent demander des comptes à l’Etat. Ces cris, ce sont les hurlements quotidiens qu’ils entendent dans leurs quartiers quand les guetteurs signalent la présence de la police. « C’est ce qu’on subit régulièrement toute la journée », souligne une habitante à ceux qui n’auraient pas compris.

Ce 2e rassemblement pour la sécurité et l’égalité des « Citoyens debout contre les trafics » de drogue fait suite à celle du 20 avril. La Préfecture avait promis de rencontrer le collectif après la période électorale. Ce mercredi, une délégation de dix personnes est ainsi reçue par Mathieu Lefebvre, le directeur de cabinet du préfet. Le collectif demande des moyens « indispensables en effectifs et matériels de police » à la hauteur du fort développement du deal, et de la violence engendrée, dans l’ensemble de la ville. « Nous sommes des citoyens à part entière et pas des citoyens de seconde zone, nous payons nos impôts et l’État en retour doit assurer sa mission de nous protéger », déclare Gisèle, au nom de tous. Si cette action a rassemblé moitié moins que la première (environ une cinquantaine de personnes, un jour de canicule), davantage de quartiers étaient représentés : Centre-ville, Gaston-Dourdin ou Jacques-Duclos au nord, ainsi que la Courtille et Pablo-Neruda à l’est. 

Gisèle se dit « un peu déçue » de la rencontre qui a duré environ une heure et quart. Le représentant de l’État était à « [leur] écoute ». « En gros, il nous a dit que la préfecture de Bobigny allait demander plus de renforts pour le département [et] dans les semaines qui viennent, la présence policière sera renforcée dans certains quartiers de Saint-Denis (mais sans augmentation des effectifs, ndlr) », relate la porte-parole. Également présente, l’élue en charge du Grand centre-ville, Jaklin Pavilla, a « un sentiment partagé ». « Les habitants ont pu raconter la tension qu’on sent tous actuellement dans la ville. Il a annoncé des renforts ponctuels, plus de présence pendant l’été pour calmer la situation », rapporte-t-elle. Une nouvelle rencontre a été convenue à la rentrée pour faire un bilan. 

Les habitants présents, eux, veulent continuer de se battre. Venu « par principe », ce jeune Dionysien de Neruda trouve que cette mobilisation « ne fera rien avancer ». « On doit mettre des tables et des chaises dehors dans les rues. Ça changera les choses. On fera chier le trafic. » « Si on nous dit qu’on ne peut rien faire, insiste cette mère de famille, il faut taper encore plus haut. Si on doit aller manifester à l’Élysée, on ira. Il faut que l’État fasse quelque chose ! » Pour ce travailleur social, « si tout le monde se sent concerné, on y arrivera. Mais l’effort doit être constant. Il faut tenir ». Il est convaincu que la présence humaine, et pas seulement policière, peut ramener les jeunes sur le bon chemin. « Je n’aime pas incriminer les parents, dit cette ancienne Dionysienne. L’État doit assumer ses missions. Sinon quoi, ce sera à nous de faire le travail de la police ? », s’insurge-t-elle. À mesure que la situation perdure, la tentation de l’autodéfense revient comme un refrain… 

Aziz Oguz
 

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Réactions

savez vous qu'une association du 18ème a porté plainte pour inégalité des territoires. Si on faisait pareil a st Denis. Marre que ce soit toujours les habitants qui doivent agir pour espérer se faire entendre. nous il Ya 15 jours nous avons fait une brocante sauvage a la gare médiatisée par le parisien et BFM.Rassemblons nous pour défendre la même cause.
Les délinquants n'ont plus peur des autorités quelles soit parentale, municipale, policière ou judiciaire. Ce sont les vikings des temps modernes. La seule chose qui pourra les faire trembler est la menace d'expulsion de leur lieu de résidence. Il serait temps de créer un comité de salut public (un par quartier) constitué d'habitants de ces endroits anxiogènes, le tout sous le contrôle d'un officiers d'éthique (qui ferait également la police de proximité). Ce comité proposerait l'expulsion des parents de ces jeunes délinquants par un vote à bulletins secrets où les résidents concernés participeraient. La décision d'expulser serait alors prise immédiatement après un résultat positif du vote et elle primerait alors sur la justice. Seule une action radicale pourra résoudre cette délinquance.
Oui il faudrait arriver à des mesures plus radicales, moi j'ai pensé que l'on pourrait déposer des demandes de relogements. Une convention a été signée entre le bailleur (Logirep ) et la Préfecture pour la tranquillité des riverains or le trafic de drogue prend de telle proportion que la vie des habitants devient plus difficile et beaucoup paie des impôts importants : une autre solution ce serait pour eux de ne plus les payer cela les ferait rentrer dans un processus juridique, réfléchir à plusieurs façons d'agir.
Il faudra élargir les pouvoirs de ce comité de salut public: ce comité de salut public aurait aussi un droit de regard sur l'arrivée des nouveaux venus dans le quartier en accord avec l'officier d'éthique (qui aurait aussi un rôle de psychologue et d'assistant social). ce comité jaugerait le potentiel d'intégration sociale des nouveaux arrivants surtout les parents (suivant des critères culturels et psychologiques). Ce comité pourrait mettre alors son droit de veto qui primerait sur celui du préfet ou de la mairie. D'autre part ces nouveaux résidents devraient avoir un bail reconductible tout les 5 ans qui sera renouvelable en fonction de leur vraie valeur sociale vis à vis de l'environnement du quartier (cette valeur sociale sera jaugé par l'officier d'éthique). Actuellement statiquement, les anti sociaux représentent 1/100 de la population des quartiers et ils empoisonnent la vie des 99/100 restant de la population. Ils s'imposent plus par la culture de la force que de la culture de la raison vis à vis de leur environnement en possédant une personnalité intrinsèque très nauséabonde. Mon vécu dans le milieu HLM (20ans) me permet de dire que leur personnalité intrinsèque nauséabonde est indépendante de leurs conditions sociales. Bref ils n'ont pas d'excuses sur leurs actions antisociales!!!! Seuls les intellos politisés leurs trouvent une excuse car la misère est un business politique pour les partis politiques.
Domsd, plus grave que vous ne peut exister. J'hallucine , au secours !!!!! Vous avez dessiné l'uniforme de l'officier ? noir, je suppose, avec une casquette ornée d'un aigle ? C'est le début d'un bouquin pour concurrencer mein kampf ? Vous voulez l'adresse d'un psy ?
L'officier d'éthique ne s'occupera que des cas sociaux et personnes d'autres. Il aura plusieurs fonctions: police de de proximité, mettre une éthique sociale en place chez les parents et les enfants, aider à l'intégration des délinquants dans la vie civile (via des associations ou pole emploi), être le principal interlocuteur entre le comité de salut public et les services sociaux et sécuritaire de la mairie, être un second père pour les plus égarés, s'occuper de désenclaver culturellement ces jeunes en relation avec le service culturel de la mairie, tenir des dossiers de suivi d'éthique des délinquants pour voir si ils font des progrès ou non en tant que valeur identitaire sociale vis à vis de la société, , être en relation avec les gardiens d'immeuble, faire intervenir la police en cas de grande menace à l'ordre public. Sacraliser sa fonction pour lui assurer sa propre sécurité. Il serait alors payer par la mairie. Ce poste d'officier serait d'une haute valeur sociale. Bon bref voici des propositions concrètes pour rendre la vie de quartier moins anxiogène. Il faut raisonner solutions techniques et non idéologiques comme nous proposent certains intellectuels de ST DENIS voulant faire du problème de la délinquance plus un problème politique que social.
@domsd, je suis d'accord avec toutes vos propositions sauf; - le droit de regard sur l'arrivée des nouveaux arrivants car cela se fait déjà globalement dans les comités d'attribution des logements dans les organismes HLMs. Toutefois la préfecture peut imposer des cas sociaux extrêmes dans l'attribution d'un logement HLM sans demander l'avis des responsables HLM. Là il y aurait qqchose à faire. - le nom de comité de salut public me parait un terme extrême (çà fait penser à la révolution française ou bolchevique). autant remplacer ce terme par comité de quartier tout simplement. Toutefois il serait logique de réclamer des réparations en justice contre tout organisme HLM ou la préfecture qui aurait été à la source d'une délinquance dans un quartier via une mauvaise attribution de logements - le terme "officier" dans officier d'éthique a une consonance militaire ou policière, à remplacer peut être par autre chose Moi j'habite ST DENIS depuis 1975 et qui plus je suis un ancien communiste ,effectivement je vois la lente dégradation du centre ville depuis l'époque de BRAOUEZEC dans les quartiers HLMs. en 1975, la vie en HLM était parfaitement vivable. Là actuellement je vis dans une copropriété. Vous avez raison la misère à SAINT DENIS est devenu un business politique (la preuve le taux d'abstention aux élections et l'influence de la pensée unique sur les masses populaires)
@ ex communiste d Merci pour votre contribution à ma proposition. Je prends note de toutes vos remarques. Le terme « officier d’éthique » effectivement fait peur, il me fait penser d’ailleurs au terme « commissaire au peuple » si cher aux révolutionnaires. Toutefois je vais le garder, tant pis pour ceux qui sont allergiques à l’autorité. Il est constitué de 2 termes « officier » et « éthique ». « Officier » signifie titulaire d’une charge civile et éthique signifie Ensemble des règles de conduite propres à une communauté. Donc officier d’éthique signifie une personne ayant la charge civile de mettre en application les règles de conduite propres à une communauté dans un but de pro survie et non dans un but anti survie. Ces officiers d’éthique existent déjà dans l’administration judicaire (juges d’exécution, aux affaires familiales, de proximité, de paix, des référés, des enfants, des tutelles, etc) mais pas dans d’autres administrations. Ici il n’est pas question de faire intervenir la justice ni la police dans les quartiers mais des officiers d’éthique qui auraient pour rôle de prévenir tout future délinquance et éviter du coup l’intervention de la police et de la justice. Ils seraient là pour pallier toute déficience de communications entre les jeunes en mal d’insertion et la société civile. En résumé toute délinquance n’a pas pour source la précarité sociale (là je vais décevoir les intellos avec leur business idéologique) mais elle est liée à un déficit de communication entre les jeunes et la société civile. L’officier d’éthique jouerait le rôle de tampon entre cette misère culturelle et la société civile par de la communication. Ils serviraient de tampon entre ces jeunes et le système police/justice qui n’ont qu’un but purement répressif, rien de plus. Pour cette proposition je me suis servi de mon expérience d’ex éducateur dans un foyer de jeunes travailleurs. J’invite d’autres internautes à contribuer de façon constructive à ma proposition et non par réaction émotive comme @ dionysien. J’en ferais ensuite une synthèse que je mettrais dans la rubrique « + vous » du JSD.
@domsd L’officier d’éthique pourrait être remplacé par le terme médiateur socio-culturel de quartier qui serait un terme plus soft. L’idée d’un bail de 5 ans renouvelable pour locataire HLM en fonction de sa vraie valeur sociale vis à vis des autres est une excellente idée à développer. Votre proposition sera efficace que si chaque jeune ait une occupation éthique et non out éthique stable ex : faire des études, être dans des associations sportives, à utilité publique ou culturelle, avoir un job, etc. Ses jeunes délinquants ont une déficience énorme à se donner aux autres, donc il faudrait les pousser dans des activités de bénévolat. En résumé la solution effectivement n’est pas d’avoir plus de policiers dans les quartiers mais de rendre les antisociaux plus sociables envers les autres via un médiateur socio culturel qui serait là pour mettre en place une éthique sociale comme vous le préconiser. Il faudra aussi définir dans la foulée une charte d’éthique de groupe. D’autre part les élus de ST DENIS devraient aller dans les innombrables villes françaises où il y a très peu de délinquance pour savoir comment font ces élus de ces villes?
Ben oui, des lustres que la mairie ferme les yeux et désormais crie au loup. De qui se moque-t'on ? Et demain, on manifeste contre la crasse dans les rues, les vendeurs à la sauvette rue de la République ou les "restos portatifs" devant la gare ?
@petit le mal de propreté, les vendeurs à la sauvette, la délinquance, la forte présence de mendiants étrangers, des actes d'incivilité et de vandalisme, un environnement culturel mortifère, etc, sont la csq d'un effondrement d'une éthique de groupe, politique et sociétal.
Bonjour. C'est lundi et il fait beau donc je me sent d'humeur taquine sur ce sujet bien grave. Sujet dit de droite il n'y a pas si longtemps que cela par majorité municipale. Au delà des envies totalitaires dans les commentaires vu ci dessus, l'article ne mentionne en rien les responsabilités des élus dans cette situation anormale dans laquelle nous vivons tous. Certains acceptent de vivre dans la violence, la crasse, l'insécurité. Ils ont même sommé ceux qui ne pensaient pas comme eux, de quitter la ville. Alors, je ne demande de faire un travaille universitaire sur la situation de la ville (il faudrait plus de 1 000 pages), mais un peu travail journalistique plus détaillé sur l'appauvrissement généralisé des habitants de la ville (la ville est riche elle: 300 millions de budget chaque année), sur un urbanisme, qui enclavant certains quartiers, favorise le trafic de drogue... C'est toujours la faute de l'autre, la préfecture, l'état mais jamais au grand jamais de nos élus. La manifestation en est la preuve (c'est la faute à la chaleur si personne n'a été a la manif). Mais personne à la mairie, s'interroge pourquoi les habitants sont si découragé. 50 personnes. Ce nombre est à mettre en rapport à la participation des élections locales: FAIBLE. Ce qui pose de vrais question de légitimité de nos élus qui prennent des décisions terribles depuis des années sans rendre compte aux habitants. Pour finir, je reviens toujours sur D. PAILLARD, qui a eu le culot de dire qu'il fait bon vivre à Saint Denis. On en a la preuve que non. Didier un mot???
La manipulation des élus communistes sur la sécurité ne fonctionne plus. C'est la faute de l'état ne fonctionne plus C'est la faute des autres également. On pourra toujours chercher la cause et les raisons de cette délinquance à Saint Denis. Pourquoi ici plus qu'ailleurs ?? Il y a 1001 réponses. Néanmoins, la ghettoisation de la ville, l'urbanisation sans réfléchir aux conséquences, la betonnisation sans espace ( les dealers sont dans 1 paradis, on étouffe de béton et eux peuvent facilement se cacher)... Toutes ces raisons municipales font que la délinquance a de beaux jours devant elle
Il serait intéressant que le médiateur socioculturel de quartier s’intéresse aussi aux écoles situés dans le quartier. Suivant mon expérience de terrain de prof, pour moi l’éthique consiste à imposer des limites d’actions à des jeunes qui ne connaissent pas leurs limites dans le but de ne pas pénaliser la liberté des autres. Ex : nous avons un ou deux fouteurs de merde dans une classe qui empêche les autres d’étudier. L’éthique serait la mise en application des droits de l’homme pour protéger les gens sociables des délinquants. Il y a urgence à agir, car d’année en année cela s’empire, car nous devons faire face à un totalitarisme qui s’est installé durablement dans la ville avec des bandes organisés qui imposent leurs lois dans les quartiers, terrorisent, imposent un couvre feu tout les soirs, empêchent toute vie nocturne et toute réussite scolaire correcte aux jeunes gamins sociables de condition modeste. Je suis débité de voir tout les ans mes meilleurs élèves partir en école privé à cause de cette délinquance de quartier.
merci "ex communiste" "resident HLM" et "prof collège fabien" pour votre contribution constructive à ma proposition. Je prend bien note de vos propositions et je vais en faire une synthèse à mettre dans la rubrique "+vous" du JSD. La proposition de réclamer davantage de policiers ne suffira pas pour régler le problème de la délinquance , cette proposition soigne la conséquence et non la cause du problème qui est une absence d'éthique de groupe qui génère un chacun pour soi et la généralisation de la culture de la force sur celle de la raison.

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