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Fermeture des coiffeurs à partir de 20h
/ « Pas bon pour les affaires, mais c’est la loi »

La mesure concerne des salons de coiffure afro dans un petit périmètre du centre-ville, depuis le 1er avril et jusqu’au 30 novembre. L’arrêté de fermeture à 20h, pris par le maire pour mettre fin aux incivilités liées à l’ouverture tardive de ces commerces, est globalement respecté.
Rien que dans le tronçon de la rue Gabriel-Péri, entre les rues de la République et des Ursulines, il y a neuf salons de coiffure afro.
Rien que dans le tronçon de la rue Gabriel-Péri, entre les rues de la République et des Ursulines, il y a neuf salons de coiffure afro.

Kelly’s Paris, Owann Coiffure, la Tresse d’Or, EGF Coiffure ou encore Afro Empire. Dans le centre-ville, les salons de coiffure afro sont devenus incontournables. Ces dernières années, ils ont poussé comme des champignons. Il y en a neuf rien que dans un tronçon de la rue Gabriel-Péri, entre les rues de la République et des Ursulines, qui part du fastfood KFC jusqu’au restaurant-bar le Pavillon. Cette activité florissante a favorisé des nuisances dans le voisinage du secteur piéton. Ce qui a poussé le maire Laurent Russier à prendre un arrêté municipal, le 28 mars dernier, pour que les salons de coiffure ferment à partir de 20 h du 1er avril au 30 novembre 2018 (1). Cette décision concerne le tronçon en question de l’axe Gabriel-Péri, un petit bout de la rue de la République, ainsi que les ruelles adjacentes Gibault, des Boucheries et du Cygne.

Attroupements de personnes alcoolisées 

Dans l’arrêté, la municipalité vise en premier lieu les « attroupements devant ces salons de coiffure », de personnes « souvent alcoolisées », « voire sous effets de stupéfiants » qui « engendrent des nuisances sonores » et des « dégradations ». Elle explique que l’heure de fermeture des salons, « très souvent vers 21h en semaine et 22h les week-ends, favorise ces attroupements », tout particulièrement aux beaux jours. Si la mesure est critiquée, elle est respectée. À 20h, tous les stores sont baissés. « Ce n’est pas bon pour les affaires, mais c’est la loi », confie Tony Owema, patron d’Afro Empire, installé à Saint-Denis depuis un an. « Alcool interdit », est-il affiché dans son salon. Gérant, Kenzo s’est aussi plié à la nouvelle règle, au détriment de son activité. « On en a perdu des clients, surtout le week-end. Ils avaient l’habitude de venir vers 20h », assure le Nigérian. Il déplore aussi « le désordre » qui nuit à son business. « Nous, on est concentré à travailler. Eux, à l’extérieur, ils font du bruit. Les voisins nous accusent, mais cela ne vient pas de nous », déplore-t-il.

« On perd les habitués »

« Pourquoi on ne dit pas au KFC de fermer à 20 h ? », critique Amed, qui travaille à Owann Coiffure, en montrant des jeunes assis au pied du fast-food. « La limite de 20h, cela peut aller en hiver. Mais en été, c’est trop tôt. On perd les habitués qui viennent en soirée. 21 h, cela aurait été mieux », assure un patron, qui trouve la décision « injuste » alors que les autres salons de la ville, en dehors de ce périmètre, ne sont pas concernés par cette interdiction.Comme le dit ce responsable, la demande est « énorme ». « Au début, il n’y avait pas autant de salons et de concurrence », observe Kenzo, qui a commencé son activité il y a cinq ans. Les enseignes se sont multipliées, faisant de Saint-Denis une place forte pour les personnes aux cheveux crépus et frisés. « À Paris, le cœur des salons, c’est Château d’Eau et Château Rouge. En banlieue, le cœur, c’est Saint-Denis. C’est ici que ça se passe », continue Kenzo. Les clients viennent du nord francilien, des villes limitrophes, du Vald’Oise, voire de Seine-et-Marne. 

Jeune fille d’Épinay-sur-Seine, Ismaëlle est venue accompagner son cousin de Garges-lès-Gonesse, en train de se faire couper les cheveux contre 10 euros. « Au lieu d’aller jusqu’à Paris, les clients préfèrent venir à Saint-Denis parce que c’est plus proche d’eux », souligne Kenzo.Plus lucrative, la coupe femme est recherchée par les salons. « Quand t’es une femme, t’es la cible pour les rabatteurs, qui sont payés à la commission », confie Jenna, jeune dionysienne. Si elle ne va pas à Saint-Denis, elle raconte la « galère » pour se faire coiffer les cheveux crépus en France. « Pour moi, Jean-Louis David ou Jacques Dessange, c’est mort », s’amuse-t-elle. Ce qui explique aussi que les salons de coiffure spécialisés se concentrent à certains endroits, comme à Saint-Denis.

Aziz Oguz

(1) Le maire a aussi pris un arrêté pour interdire la vente d’alcool à emporter de 21h à 6h du matin dans le Grand centre-ville. Cet arrêté s'applique à l'intérieur de la zone prioritaire de sécurité. Cette zone délimitée au nord par la rue Paul-Eluard, les boulevards Carnot, Félix-Faure et de la Commune de Paris (ligne du T1). Il passe ensuite par la rue de Strasbourg, descend à l'est par l'avenue Paul-Vaillant-Couturier puis au sud par la rue Danielle-Casanova et remonte le long du canal par l'ouest. 

Réactions

Bonjour. L'absence de bienveillance dans cette ville est désespérant. « Nous, on est concentré à travailler. Eux, à l’extérieur, ils font du bruit. Les voisins nous accusent, mais cela ne vient pas de nous » En gros c'est toujours la faute aux autres. Je ne suis responsable de rien. C'est comme les sandwisheries qui ne sont pas responsables de la malbouffe. Ils ne font que vendre après tout. Ce qui est dramatique... C'est qu'il ne se pose aucune question sur le voisinage... Il y a un temps pour tout. Un temps pour travailler, un temps pour s'amuser et un temps pour se reposer. 19h30 aurait été une bonne heure. Il faut plus de lieux de rencontres car si les gens se regroupent dans la rue c'est qu'ils n'ont pas d'autres endroit ou aller... Chacun dans son monde est le pseudo vivre ensemble n'existe pas dans cette ville.

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