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Lutte contre les violences faites aux femmes
/ « Ne pas relâcher la pression »

Dans le sillage de l’affaire Weinstein, et à la veille du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, entretien avec Marie Leroy, chargée de la mission Droit des femmes à Saint-Denis.

Le JSD : Le 25 novembre, c’est la Journée pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En quoi cette lutte est-elle au cœur de la mission Droit des femmes de Saint-Denis ?

Marie Leroy :Depuis sa création en 2007, la mission Droit des femmes porte l’engagement de la municipalité à prévenir et combattre les discriminations faites aux femmes, les comportements sexistes et à créer les conditions pour favoriser une meilleure autonomie des femmes. Cette dynamique relève d’un choix politique fort, que toutes les villes ne font pas. Dans ce cadre, la question des violences est bien sûr un cheval de bataille et un axe prioritaire de cette mission, qui anime et coordonne un réseau de lutte contre les violences faites aux femmes, en associant sur le territoire des services municipaux, des acteurs institutionnels et associatifs, dont le but est précisément de construire des réponses à l’échelle locale sur le plan du dépistage, de l’écoute, de l’accompagnement, d’une prise en charge juridique, sociale, psychologique, etc. Pour aider au repérage et à l’orientation des victimes, la Ville vient par ailleurs d’éditer avec le concours de la mission une plaquette sur les violences faites aux femmes qui répertorie ces multiples ressources et donne les contacts des différentes structures municipales et partenaires.

 

Le JSD : Si la mission Droit des femmes tente par son action d’apporter des solutions aux femmes victimes de violences, elle joue aussi au quotidien un important rôle de prévention…

ML :Quand on parle des violences faites aux femmes, on parle de mariages forcés, de viols, de mutilations sexuelles, de violences conjugales, de harcèlement, mais on parle aussi bien sûr des inégalités entre les sexes, puisque ces violences en découlent. Dans mon action quotidienne, je travaille avec la conviction que tout le monde a quelque chose à faire pour que les choses changent. Que l’on parle d’égalité professionnelle, de la répartition des tâches ménagères, de la place des femmes dans l’espace public, en politique, dans la culture, dans la musique… Tout est un sujet pour la mission Droit des femmes ! Promouvoir l’égalité femmes-hommes, c’est donc être nécessairement sur tous les champs et avoir la capacité d’intervenir de manière complètement transversale, en menant des projets et en soutenant des actions dans tous les domaines, en travaillant à la formation et la sensibilisation des professionnels et en faisant bien sûr tout un travail de prévention, notamment en direction des plus jeunes pour pouvoir lutter dès le plus jeune âge contre les stéréotypes sexistes.

 

Le JSD : Aujourd’hui, difficile de parler de ces violences sans évoquer l’affaire Weinstein et ses répercussions au niveau mondial. Cela change-t-il quelque chose à votre niveau ?

ML :Ça va me faire moins de boulot ! Ces violences ont toujours été une réalité, mais on a parfois du mal à se faire entendre, parce que ces questions restaient essentiellement le combat des féministes. On en parlait un peu dans le cadre du 8 mars, (ndlr : Journée internationale des droits des femmes), de celle du 25 novembre, mais deux jours dans l’année, ce n’est évidemment pas assez. En ce sens, l’affaire Weinstein c’est vraiment quelque chose d’énorme. Ça part de femmes riches et célèbres, mais ça provoque une onde de choc au niveau international qui touche toutes les couches de la société. Alors qu’il y avait partout cette espèce d’omerta, d’un seul coup les langues se libèrent, les femmes osent prendre la parole et témoigner, tout le monde s’en empare et c’est repris en force par les médias. Les dépôts de plainte se multiplient, tous les numéros verts explosent. Ici, l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes qui fait sa journée d’étude le 23 novembre à Bobigny a vu ses 750 places immédiatement prises d’assaut, avec des inscriptions sur liste d’attente. Avec toutes ces femmes qui, au niveau mondial, disent le harcèlement et les violences, ça ne peut que faire réfléchir les hommes. Les choses avancent, mais il ne faut surtout pas relâcher la pression.

Propos recueillis par Linda Maziz

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