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Journée des droits des femmes
/ « Moi, Dionysienne, si j’étais élue… »

Mercredi 1er mars, sur une proposition originale du Collectif 8 mars, des bénéficiaires de l’Amicale du Nid se sont mises dans la peau de décideuses politiques. Les paroles collectées auprès d’elles et d’autres habitantes devraient nourrir un courrier adressé au président de la République.
Le 1er mars, à l'Amicale du Nid.
Le 1er mars, à l'Amicale du Nid.

Parées d’une écharpe tricolore, elles se sont saisies tour à tour du micro pour dénoncer les « inégalités de salaires », « les violences faites aux femmes », revendiquer l’accès au logement, à l’emploi et à « la formation pour toutes ». « C’est déjà un beau programme politique. Allez, on continue ! Mesdames les conseillères territoriales, Mesdames les maires, Mesdames les sénatrices, Mesdames les députés, on vous écoute, faites-nous vos propositions ! », encourage Marie Leroy, en charge de la mission Droit des femmes à Saint-Denis, venue ce mercredi 1er mars à la rencontre des bénéficiaires de l’Amicale du Nid. Face à elle, une assemblée de femmes en exil, en errance, en proie aux difficultés et à la précarité. Et donc, en réalité, bien loin des organes du pouvoir et des qualificatifs employés.

Mais c’est précisément l’intérêt du projet « Moi, Dionysienne, si j’étais élue, voilà ce que je ferais pour les femmes », de donner la parole à celles qui habituellement ne l’ont pas. « Aujourd’hui, on est entre nous, on est entre femmes, alors on ose, on a le droit de rêver, on veut changer le monde et on compte sur vous ! D’ailleurs on voit bien à travers ce que vous dites que les revendications des femmes, c’est le travail, en permanence. Ça montre que les femmes sont courageuses et c’est pour ça qu’il faut qu’elles prennent le pouvoir et qu’il y ait des femmes en politique ! »

Avec ce jeu de rôle, imaginé par le Collectif 8 mars, qui réunit des associations dionysiennes mobilisées autour de la Journée internationale des droit des femmes, il s’agit d’aller recueillir directement des propositions auprès de groupes d’habitantes du territoire, rencontrées notamment dans les Maisons de quartier. « On va les retranscrire et en faire des slogans, pourquoi pas organiser une manif. On pense aussi les compiler dans un courrier qu’on adressera au futur président de la République. »

Avec cette initiative, c’est aussi une manière d’alerter sur le fait que « les femmes restent scandaleusement minoritaires dans les postes à responsabilité politique et économique », comme l’a dénoncé le maire Laurent Russier, lors de la conférence de presse donnée par la Ville à l’occasion du 8 mars. Et « d’autant plus en cette année d’élection présidentielle », a renchéri Madjid Messaoudene, conseiller délégué à l’égalité femme-homme, « où on a vu dans les primaires de la droite et du PS à quel point ils ont fait fi de toute parité ».

Non seulement, « ça manque de candidates, mais en plus la seule femme dont on parle dans cette campagne, on n’a pas envie de l’entendre », observe Marie Leroy, qui, sur le terrain, profite de chacune de ces interventions pour rappeler combien en France, « on a une culture politique qui s’est construite sur l’exclusion des femmes. Ça a démarré avec la loi salique (règle successorale forgée au cours du XVe siècle, selon laquelle les femmes ne peuvent ni hériter ni transmettre la Couronne,ndlr), qui fait qu’on n’a pas eu de grandes Reines et ça se poursuit au moment de la Révolution française, avec la Déclaration des droits de l’homme, qui a juste oublié la moitié de l’humanité ».

Et même aujourd’hui, en dépit d’une loi votée en 2000 sur la parité, la situation « est à pleurer ». « On n’a que 18,6 % de femmes maires. À l’Assemblée, elles sont 155 députées sur 577, soit 26,86%, et au Sénat, 95 pour 348 sénateurs, soit 27,3%. Et tout ça fait qu’au niveau mondial, on est classé 69e du point de vue de la présence féminine dans les parlements. »


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