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Discrimination des enfants roms
/ « Moi c’est l’école qui m’a sortie de la boue »

La fête de l’Insurrection gitane, samedi 13 mai, a donné l’occasion à des parents roms de s’exprimer sur leurs difficultés à scolariser leurs enfants. Et à Anina Ciuciu, élève avocate de 27 ans, de dire l’importance de l’accès à l’éducation.
Assemblée politique sur les enfants "interdits d'école".
Assemblée politique sur les enfants "interdits d'école".

« On est comme tous les parents du monde. Ce que l’on veut pour nos enfants c’est une vie meilleure et on rêve pour eux d’un avenir heureux. » Une évidence qui malheureusement ne l’est pas dès qu’il s’agit des Roms. Car là où cet espoir va logiquement de pair avec la réussite d’une scolarisation, c’est souvent ce droit même à l’éducation qu’il leur est illégalement refusé.

Tristement représentatif et révélateur des discriminations envers les Roms, le scandale de ces milliers d’enfants « interdits d’écoles » était justement au cœur d’une assemblée politique convoquée lors de la fête de l’Insurrection gitane, organisée par la Voie des Rroms et leurs amis ce samedi 13 mai sur le parvis de la basilique pour célébrer le soulèvement des familles parvenues à repousser les nazis le 16 mai 1944 dans les camps de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Commémoration historique mais pas seulement, ce « Rromani resistance day » a également vocation à faire le lien avec la situation actuelle, pour montrer qu’aujourd’hui encore, pour ces populations, il y a matière à se révolter.

Comme lorsqu’une démarche aussi anodine que l’inscription des enfants à l’école s’apparente à un véritable parcours du combattant, avec des maires ici ou là, comme à Pierrefitte, à Saint-Ouen ou La Courneuve, qui refusent plus ou moins ouvertement la scolarisation des familles vivant en bidonvilles ou en squat. À la tribune, les témoignages poignants de Cristian, Larisa et Liliana se suivent et se ressemblent, donnant à entendre des parents en mal de voir leurs enfants accueillis, considérés et traités comme n’importe quel autre.

« Sortir de l’ignorance, c’est la promesse de faire de nous des hommes libres », tance Anina Ciuciu, qui en sait quelque chose pour l’avoir vécu. « Moi c’est l’école qui m’a sortie de la boue », indique cette élève avocate de 27 ans, titulaire d’un master en droit et auteur de deux livres. Animée dans son parcours par la volonté de rétablir cette justice dont les Roms sont fréquemment privés et dont « on entend trop souvent dire que par essence ou par choix, ils sont voués à être des mendiants, des délinquants et à vivre dans des conditions inhumaines ». Des préjugés « malheureusement présents dans la tête de beaucoup de gens, alors que chez nous, la volonté d’accéder à une vie digne est très forte. Et c’est aussi pour cela que l’on se bagarre aujourd’hui, pour empêcher le sacrifice de toute une génération d’enfants par des politiques publiques désastreuses ».


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