À la une En ville

Patrick Boucheron
/ « L’histoire ne peut être que mondiale »

Le 20 juin, l’université populaire Sciences Pop accueillait pour une conférence ce professeur au Collège de France, coordinateur vilipendé autant qu’applaudi d’une histoire de la France aux dimensions du monde.
Patrick Boucheron, le 20 juin, salle du conseil municipal.
Patrick Boucheron, le 20 juin, salle du conseil municipal.

De 34 000 ans avant notre ère, époque des peintures rupestres de la grotte Chauvet, au 11 janvier 2015, grande mobilisation après le carnage à Charlie Hebdo, ce sont 146 dates en autant de petites chroniques qui composent l’Histoire mondiale de la France, publiée en janvier dernier. Écrit par 122 historiens, l’ouvrage coordonné par Patrick Boucheron a connu, avec quelque 50 000 exemplaires vendus, un succès de librairie qui n’a fait qu’alimenter la polémique contre ces « fossoyeurs du grand héritage français » incarnant le « Parti de l’étranger ». « Nos adversaires sont les vôtres », lançaient les animateurs de la dernière conférence de l’université populaire Sciences Pop Saint-Denis pour accueillir Patrick Boucheron, le mardi 20 juin dans la salle du conseil municipal. D’après ce médiéviste, professeur au Collège de France, « l’histoire ne peut être que mondiale ». Qui plus est pour ce territoire « cul de sac » des premières grandes migrations, et où le Moyen Âge a marqué un basculement d’une aire d’influence, méditerranéenne, à l’autre septentrionale.

Le rôle des colonies questionné par des collégiens

À la fois « plus locale et plus globale », c’est une histoire de France où l’année 1105 est prétexte à rappeler la figure de Rachi, rabbin de Troyes grand exégète du Talmud, et où août 1940 permet d’éclairer l’effort de guerre fourni par l’Afrique coloniale avec Brazzaville, « capitale de la France libre jusqu’en 1943 ». « L’intention était de donner à voir une histoire de France plus “rassemblante”, plus peuplée, plus ouverte » que celle prônée par les idéologues de l’identité nationale, obsédés par l’idée du déclin. « Ce ne serait pas trop de l’histoire du monde pour expliquer la France. » Patrick Boucheron cite volontiers cette phrase de son illustre prédécesseur Jules Michelet, et que les auditeurs de la soirée – une cinquantaine de personnes – reprendront volontiers à leur compte à propos de Saint-Denis, ville monde. Parmi eux, une professeure d’histoire géo en collège expliquait combien ses élèves ont « besoin d’inscrire la France dans une histoire mondiale » touchant en particulier au « rôle des colonies ». Pour M. Boucheron, c’est là le signe qu’en dépit des « gros mensonges médiatiques sur le fait qu’ils s’en foutent », cette jeunesse là aspire à un « travail de mémoire personnel et collectif » comme nous y invite son volumineux ouvrage.  

L'Histoire mondiale de la France, dirigé par Patrick Boucheron, éditions du Seuil (2017) 795 pages, 29 €.

Réactions

Saint-Denis toujours là où on l'attend, quelle banalité ! Pas sur le terrain de l'insalubrité ou de l'insécurité, ça nous change pour une fois, mais sur celui de l'histoire mondiale au coeur de la "ville monde" (je me permets de mettre des guillemets car je ne sais ce que une "ville monde"). Du changement , vite !
Une ville monde vu par Braouzec est une ville mondialiste capitaliste, où les entreprises du CAC40 s'installent sur des terrains pas chères et une population monde prête à travailler pour 2euros de l'heure sans jamais faire grève.
Bonjour. Les élus de la ville qui se prétendent ouverts sur le monde s'enferme dans un logiciel dépassé depuis sa création. Ville Monde. Terme vide de sens pour faire accepter inacceptable. Ras le bol des personnes ne vivant pas sur le ville, ne vivant pas ses souffrances nous dirent comment vivre comme certains (Cf E. ORSENNA, A. HIDALGO pour ne citer qu'eux) en vivant dans le 7ème arrondissement de Paris. Les discussions de salon d'historiens, d'intellectuels partagé par 50 personnes méritent elles un article aussi long? Même une brève aurait été de trop face à ce qui se passe dans cette ville. Arrêtez de vous regarder le nombril. Pendant que d'autres villes sont beaucoup plus dynamique et leurs habitants progressent, ceux de Saint Denis régressent. Et c'est pas la faute de l'état. C'est un choix politique de P. BRAOUEZEC lui seul. Sans concertation. Lui et une nuée de militants. Résultat des courses. Des élus toujours mal élus et une crise démocratique jamais vu.
Je suis (sincèrement) admiratif d'@alex - @Abdel et @Azzedine qui arrivent à commenter l'article ! ... j'ai relu 3 fois la prose ... rien compris !
Bonjour Mourad. C'est un article qui sert le logiciel de P. BRAOUEZEC. C'est un cheminement pour nous le faire accepter. Ce qui est navrant, c'est d'une histoire mondiale, on arrive à la ville monde uniquement voulu par cet odieux personnage. Ce n'est même pas finement amené. Ce qui aurait été bien, c'est une interview de P. Boucheron et son avis sur la ville.
@Mourad En gros il explique que la France c'est le monde et qu'il faut accepter le monde (comme ils le conçoivent et l'ont conçu..) Ce qu'il oublie de nous dire c'est que ce monde est dirigé par une oligarchie capitaliste qui s’accapare le pouvoir et souhaite nous conformiser pour qu'on pense, achète...tous pareil. En gros il souhaite nous transformer en marchandise achetable
Bonjour @Azzedine et @Abdel - Merci à tous les deux ... me voilà moins sot ... mais l'histoire de France racontée par Boucheron qui commence en 1101 par le Rabbin de Troyes et qui se termine à Brazzaville en 1940, mes méninges ont refusé catégoriquement le parcours !
@Mourad Et le plus beau, c'est que pour faire venir cette main d'oeuvre très très abordable et sans revendications, nos élites décident d'aller bombarder des pays tuant des milliers de civils, leur volant leur terres et leurs richesses (Irak, Lybie, Syrie....) et rendant la vie impossibles dans leur pays et bien sûr tout ça au nom des droits de l'homme, de la démocratie, de l'humanité... Ces personnes sont dans l'obligation de partir pour mourir ailleurs, dans la méditerrané ou de venir vivre dans des conditions extrêmes en Europe...c'est beau la mondialisation. Les nations ont toujours été mondialisé de tout temps et les échanges ont toujours existé entre les nations mais pour les multinationales et la finance mondiale, les frontières sont un frein à leur hégémonie et leur intérêts financier et les cultures un frein au conformisme qui empêche de consomer pareil.

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